Soutenir le tissu social de la Syrie, Meg-Ann Lenoble
Cet article se veut une contribution analytique prospective destinée aux partenaires internationaux. Il met en lumière les dynamiques structurelles, les opportunités émergentes et les domaines d’intervention préventive pour soutenir la cohésion sociale et la transformation du conflit, sans pour autant constituer une évaluation de la performance institutionnelle ou des acteurs politiques.
Dix-huit mois après le début de la transition, la Syrie demeure caractérisée par une interaction complexe entre l’évolution des dispositifs institutionnels et une dynamique sociale profondément fragmentée. Si la transition a permis un optimisme prudent, l’insécurité localisée, la gouvernance inégale et la méfiance persistante continuent de façonner les réalités locales. Ces difficultés sont exacerbées par des griefs non résolus, les déplacements de population et des expériences différenciées du conflit et de ses conséquences, engendrant des perceptions divergentes de la légitimité, de l’inclusion et de la protection selon les régions.
Dans ce contexte, cette phase de transition offre une opportunité cruciale pour un engagement préventif. Les observations de terrain indiquent qu’une volonté de dialogue existe au sein de divers segments de la société syrienne, à condition que les processus soient inclusifs, sensibles au conflit et durables. Le renforcement des capacités de médiation locales et le soutien d’espaces de dialogue crédibles et protégés peuvent contribuer à atténuer le risque d’escalade, tout en consolidant les fondements sociaux nécessaires à une transition plus résiliente et inclusive. À ce stade, la consolidation de la paix menée par des civils constitue une voie pratique et complémentaire pour appuyer les efforts de stabilisation plus larges.
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