{"id":1161,"date":"2021-01-03T01:00:00","date_gmt":"2021-01-03T01:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/cpi-geneva.org\/ar\/2021\/01\/03\/les-chemins-sinueux-du-conflit-en-libye\/"},"modified":"2023-04-27T16:13:14","modified_gmt":"2023-04-27T15:13:14","slug":"les-chemins-sinueux-du-conflit-en-libye","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/cpi-geneva.org\/ar\/les-chemins-sinueux-du-conflit-en-libye\/","title":{"rendered":"Les chemins sinueux du conflit en Libye"},"content":{"rendered":"<img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" alignright size-full wp-image-1158\" src=\"https:\/\/cpi-geneva.org\/ar\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2021\/01\/Libya.png\" alt=\"\" class=\"caption\" title=\"\u00a9 IStock\" align=\"right\" width=\"480\" height=\"320\" srcset=\"https:\/\/cpi-geneva.org\/ar\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2021\/01\/Libya.png 480w, https:\/\/cpi-geneva.org\/ar\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2021\/01\/Libya-400x267.png 400w, https:\/\/cpi-geneva.org\/ar\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2021\/01\/Libya-367x245.png 367w\" sizes=\"(max-width: 480px) 100vw, 480px\" \/>\n<p><em>&laquo;&nbsp;Je quitte la Libye le c&oelig;ur lourd et profond&eacute;ment pr&eacute;occup&eacute;. <br \/>J&#8217;esp&egrave;re toujours qu&#8217;il est possible d&#8217;&eacute;viter une confrontation sanglante &agrave; Tripoli et ses alentours.&nbsp;&raquo;<\/em><\/p>\n<p>C&rsquo;est avec ce tweet, qu&#8217;<em>Ant&oacute;nio Guterres<\/em>, Secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral des Nations unies, a quitt&eacute; la capitale libyenne, Tripoli, le 5 avril 2019&#8230;<\/p>\n<p>par <strong>Khaled Ibrahim<\/strong><\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>par <strong>Khaled Ibrahim<\/strong><\/p>\n<p><span>&laquo;<i>&nbsp;Je quitte la Libye le c&oelig;ur lourd et profond&eacute;ment pr&eacute;occup&eacute;. J&#8217;esp&egrave;re toujours qu&#8217;il est possible d&#8217;&eacute;viter une confrontation sanglante &agrave; Tripoli et ses alentours.<\/i>&nbsp;&raquo;<\/span><\/p>\n<p><span>C&rsquo;est avec ce tweet, qu&#8217;Ant&oacute;nio Guterres, Secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral des Nations unies, a quitt&eacute; la capitale libyenne, Tripoli, le 5 avril 2019, tandis que l&#8217;artillerie du g&eacute;n&eacute;ral &agrave; la retraite Khalifa Haftar bombardait les abords de la ville <a href=\"#ft-1\">(1)<\/a>. Guterres part, sans condamnation de l&#8217;attaque contre les habitants de la ville, &agrave; un moment o&ugrave; les Libyens attendaient avec impatience la convocation de la conf&eacute;rence de Ghadam&egrave;s pour le dialogue entre les parties au conflit et dans l&#8217;espoir d&#8217;une nouvelle voie politique pour mettre fin &agrave; la guerre d&eacute;clar&eacute;e par Haftar depuis mi-2014. Malgr&eacute; toutes les tentatives entreprises par la mission des Nations unies, l&rsquo;UNISMIL, dirig&eacute;e par Ghassan Salam&eacute;, de servir de m&eacute;diateur entre le Gouvernement d&#8217;union nationale &agrave; Tripoli et la Chambre des repr&eacute;sentants de Tobrouk repr&eacute;sent&eacute;e par Aqilah Saleh (le front politique de Haftar) il a &eacute;chou&eacute; &agrave; mettre fin &agrave; la division politique et &agrave; l&#8217;escalade de la violence.<\/span><\/p>\n<p><span>Pourtant, une s&eacute;rie de r&eacute;unions a eu lieu &agrave; Palerme, en Italie, puis &agrave; Paris 1 et 2, et enfin &agrave; Abou Dhabi &ndash; qui s&rsquo;est av&eacute;r&eacute;e &ecirc;tre la derni&egrave;re r&eacute;union avant le d&eacute;but de la campagne de Haftar contre Tripoli. Selon des informations qui ont fuit&eacute;es, l&#8217;accord conclu &agrave; Abou Dhabi entre Fayez al-Sarraj, chef du Conseil de la pr&eacute;sidence, et Khalifa Haftar, en pr&eacute;sence de Salam&eacute;, consistait &agrave; partager les postes de haut niveau de l&#8217;Etat et &agrave; accorder le contr&ocirc;le des services militaires et de s&eacute;curit&eacute; &agrave; Haftar <a href=\"#ft-2\">(2)<\/a>. Ce qui est devenu connu sous le nom de l&rsquo;accord d&rsquo;Abou Dhabi &eacute;tait cependant en contradiction avec l&#8217;Accord de Skhirat sign&eacute; en 2015, qui avait produit le Gouvernement d&#8217;union nationale (GNA), internationalement reconnu.<\/span><\/p>\n<p><span>A la suite de l&#8217;accord d&#8217;Abou Dhabi, l&rsquo;UNSMIL a lanc&eacute; le Dialogue de Ghadam&egrave;s, qui devait se tenir en pr&eacute;sence du Secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral de l&#8217;ONU et de son envoy&eacute;, en avril 2019. Les Libyens et les observateurs &eacute;trangers se sont tourn&eacute;s vers Ghadam&egrave;s, en esp&eacute;rant un nouvel accord qui mettrait fin &agrave; l&#8217;&eacute;tat de division et placerait la Libye sur une voie politique au lieu de la guerre civile qui fait rage. Cependant, Haftar avait fait avancer ses forces dans une tentative de prise de contr&ocirc;le de la majeure partie du territoire sud libyen ainsi que les bases d&#8217;Abrak Nashti et Tamnhit. Mais, ce &agrave; quoi les parties &agrave; l&#8217;accord d&#8217;Abou Dhabi ne s&#8217;attendaient apparemment pas, &eacute;tait que Haftar ne respecterait pas l&#8217;accord et se pr&eacute;cipiterait pour contr&ocirc;ler non seulement les postes militaires, mais toute la Libye.<\/span><\/p>\n<h2>1. L&#8217;accord d&#8217;Abou Dhabi et le bombardement de Tripoli<\/h2>\n<p><span>Mi-avril 2019, les forces de Haftar ont lanc&eacute; une attaque contre le sud de Tripoli, au m&eacute;pris flagrant du syst&egrave;me international, alors que le Secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral de l&rsquo;ONU menait, dans cette m&ecirc;me ville, des consultations avec le Conseil de la pr&eacute;sidence avant la conf&eacute;rence de Ghadam&egrave;s. Ainsi, un nouveau cycle de guerre de Haftar pour prendre le contr&ocirc;le de la capitale a commenc&eacute;, mais cette fois consid&eacute;rablement soutenu par les miliciens russes du groupe Wagner, des mercenaires africains ainsi que le soutien militaire des Emirats Arabes Unis et du Caire. Il semblait que le GNA, internationalement reconnu, avait &eacute;t&eacute; abandonn&eacute; &agrave; son sort, sans aucun soutien, ni m&ecirc;me une condamnation de l&rsquo;attaque par l&rsquo;ONU.<\/span><\/p>\n<p><span>Les forces du GNA ont absorb&eacute; le choc, repouss&eacute; l&#8217;attaque de Tripoli et lanc&eacute; l&#8217;op&eacute;ration &laquo; Volcan de Col&egrave;re &raquo;. Le pr&eacute;sident du Conseil pr&eacute;sidentiel, Fayez al-Sarraj, a d&eacute;nonc&eacute; la trahison, lorsqu&#8217;il a dit, amer : &laquo; Nous avons &eacute;t&eacute; tromp&eacute;s &raquo;. Il semble que les concessions offertes par al-Sarraj &agrave; Haftar &agrave; Abou Dhabi, fin f&eacute;vrier 2019, aient &eacute;t&eacute; interpr&eacute;t&eacute;es &agrave; tort par ce dernier comme un signe de faiblesse dans le camp de Tripoli <a href=\"#ft-3\">(3)<\/a>. Les combats ont &eacute;t&eacute; f&eacute;roces, dans lesquels les civils ont pay&eacute; un lourd tribut : environ 200&#8217;000 personnes ont &eacute;t&eacute; d&eacute;plac&eacute;es du sud de Tripoli et des districts entiers comme Ain Zara et Khallat Al-Furjan ont &eacute;t&eacute; d&eacute;truits. Pendant sept mois, les forces du GNA ont tant bien que mal r&eacute;sist&eacute; contre la campagne de Haftar, mais face &agrave; cette situation, le gouvernement n&#8217;a pu trouver d&rsquo;autre solution que de s&#8217;assurer le soutien d&#8217;un alli&eacute; international pour l&rsquo;aider &agrave; repousser l&#8217;agression. C&rsquo;est pourquoi, &agrave; la fin du mois de novembre 2019, le GNA a sign&eacute; un accord de coop&eacute;ration en mati&egrave;re de s&eacute;curit&eacute; avec la Turquie, dont les forces sont intervenues en d&eacute;cembre. Le soutien de la Turquie par voie terrestre, maritime et a&eacute;rienne allait bouleverser consid&eacute;rablement l&rsquo;&eacute;quation g&eacute;opolitique.<\/span><\/p>\n<h2>2. L&rsquo;intervention turque<\/h2>\n<p><span>Ankara a rapidement achemin&eacute; des experts militaires et du mat&eacute;riel au GNA, dont l&#8217;impact &eacute;tait clair sur le champ de bataille. Les forces de Haftar ont commenc&eacute; &agrave; perdre le contr&ocirc;le a&eacute;rien gr&acirc;ce &agrave; l&#8217;efficacit&eacute; des frappes de drones et des armes turques. Ce changement qualitatif a conduit au retrait de la milice russe Wagner et d&#8217;autres mercenaires du sud de Tripoli. Ainsi, les troupes de Haftar ont rapidement perdu leurs positions avanc&eacute;es sur les axes de batailles autour de la capitale au profit des forces du GNA. Fin avril 2020, Haftar et ses hommes s&#8217;&eacute;taient retir&eacute;s &agrave; plus de 600 km de la ville, alors que toute la r&eacute;gion ouest de la Libye &eacute;tait &agrave; nouveau sous le contr&ocirc;le du GNA. Ce dernier a &eacute;galement r&eacute;ussi &agrave; reprendre possession de la base militaire strat&eacute;gique d&#8217;al-Wattayah &agrave; partir de laquelle Haftar avait lanc&eacute; des attaques et des op&eacute;rations, for&ccedil;ant celles-ci &agrave; se replier sur la base d&#8217;al-Jufra ainsi qu&#8217;&agrave; Syrte, &agrave; environ 500 km &agrave; l&#8217;est de la capitale.<\/span><\/p>\n<p><span>L&#8217;intervention d&eacute;cisive turque a &eacute;t&eacute; un facteur important pour l&#8217;acceptation par Haftar, sous la pression de ses partisans &#8211; et en particulier de la Russie &#8211; d&#8217;un cessez-le-feu. En effet, ces derniers craignaient de perdre le contr&ocirc;le de Syrte, des champs p&eacute;trolif&egrave;res et de la base militaire d&#8217;al-Jufra. Par ailleurs, la r&eacute;action russe et &eacute;gyptienne a pouss&eacute; le GNA et son alli&eacute; turc &agrave; accepter le cessez-le-feu. Cette nouvelle r&eacute;alit&eacute; sur le terrain a ouvert la voie &agrave; une reprise des n&eacute;gociations men&eacute;es par la mission onusienne. Pour de nombreux observateurs &agrave; Tripoli, cette nouvelle initiative de m&eacute;diation &eacute;tait une derni&egrave;re tentative pour sauver le camp de Haftar.<\/span><\/p>\n<p><span>Craignant l&#8217;avancement des forces du GNA vers l&#8217;est, l&rsquo;Egypte a convoqu&eacute; Aqila Saleh et Haftar pour annoncer ce qui allait devenir la D&eacute;claration du Caire, qui consid&eacute;rait Syrte comme une ligne rouge pour Tripoli et dont la violation d&eacute;clencherait l&#8217;intervention directe de l&#8217;arm&eacute;e &eacute;gyptienne. Le parlement &eacute;gyptien avait donn&eacute; &agrave; Abdel Fattah al-Sissi le mandat d&#8217;intervenir en Libye, &agrave; la demande d&#8217;Aqila Saleh, le pr&eacute;sident de la Chambre des repr&eacute;sentants de Tobrouk. Pendant ce temps, la pression internationale s&#8217;est accrue sur le GNA pour qu&#8217;il arr&ecirc;te la marche de ses troupes vers l&#8217;est en direction de Syrte.<\/span><\/p>\n<p><span>C&#8217;est dans ce contexte que Ghassan Salam&eacute;, a d&eacute;missionn&eacute; en mars 2020, en exprimant lors d&#8217;une conf&eacute;rence de presse ses regrets face &agrave; l&#8217;incapacit&eacute; du syst&egrave;me international &agrave; r&eacute;soudre le conflit libyen. Il a &eacute;galement regrett&eacute; l&#8217;implication des parties internationales et r&eacute;gionales pour alimenter la guerre, ce qui a compliqu&eacute; ses efforts. Tous les regards se sont alors tourn&eacute;s vers l&#8217;Alg&eacute;rie, o&ugrave; le nom de l&rsquo;ancien ministre des Affaires &eacute;trang&egrave;res, Ramtan Lamamra, a &eacute;t&eacute; mentionn&eacute; comme successeur possible de Salam&eacute;. Cependant, le lobbying dans les coulisses de New York l&#8217;a exclu. Au lieu de cela, Stephanie Williams, adjointe de Ghassan Salam&eacute;, a succ&eacute;d&eacute; en tant que chef int&eacute;rimaire de la mission.<\/span><\/p>\n<h2>3. Les pourparlers de Gen&egrave;ve<\/h2>\n<p><span>Alors qu&#8217;un cessez-le-feu fragile semblait se tenir &agrave; Syrte, Stephanie Williams (charg&eacute;e d&#8217;affaires &agrave; l&#8217;ambassade des Etats-Unis &agrave; Tripoli jusqu&#8217;en 2018) a lanc&eacute; une offensive diplomatique qui a amen&eacute; Aqila Saleh et al-Sarraj &agrave; d&eacute;cr&eacute;ter, dans deux d&eacute;clarations distinctes, un cessez-le-feu et le d&eacute;but de mesures de confiance. Malgr&eacute; la fanfare qui a entour&eacute; l&#8217;annonce, certains observateurs sceptiques ont consid&eacute;r&eacute; l&#8217;accord simplement comme un autre stratag&egrave;me pour permettre au camp de Haftar de se remettre des coups subis par l&rsquo;intervention turque. Stephanie Williams s&#8217;est rendue en Egypte, en Tunisie, en Alg&eacute;rie, en Turquie, en France, au Qatar, aux Emirats ainsi que dans d&#8217;autres pays intervenant dans les affaires libyennes afin de les persuader de r&eacute;duire leurs interf&eacute;rences n&eacute;gatives en Libye.<\/span><\/p>\n<p><span>Les d&eacute;tails de l&#8217;accord r&eacute;sultant des pourparlers du Comit&eacute; militaire 5 + 5 entre Haftar et le GNA, en ao&ucirc;t 2020 &agrave; Gen&egrave;ve, incluaient un accord pour se r&eacute;unir en Libye et proc&eacute;der &agrave; un &eacute;change de prisonniers entre les deux parties. Outre l&#8217;ouverture des voies terrestres, maritimes et a&eacute;riennes, et le retrait de l&rsquo;&eacute;quipement militaire lourd des lignes de combat, il a &eacute;t&eacute; convenu du retour des forces dans leurs camps et du retrait des mercenaires dans les 90 jours suivant la signature de l&#8217;accord. Si la mission semble trop optimiste quant &agrave; cet accord, de nombreux observateurs doutent de sa faisabilit&eacute;. Sur le terrain, les forces de Haftar, les mercenaires russes Wagner et d&#8217;autres n&#8217;avaient pas cess&eacute; de creuser des tranch&eacute;es, et le transport a&eacute;rien d&#8217;armes vers les forces de Haftar via l&#8217;a&eacute;roport de Syrte ne s&#8217;&eacute;tait pas arr&ecirc;t&eacute;. Haftar voulait gagner du temps tout en renfor&ccedil;ant sa position.<\/span><\/p>\n<h2>4. Le circuit tunisien<\/h2>\n<p><span>Aussi bon que puisse para&icirc;tre l&#8217;accord de Gen&egrave;ve, les observateurs attentifs du conflit libyen estiment que pour Haftar ces mesures ne signifieraient pas grand-chose tant qu&#8217;il n&#8217;aura pas vu le r&eacute;sultat des cycles de dialogue politique convoqu&eacute;s par l&rsquo;UNSMIL en novembre 2020 &agrave; Tunis. En effet, Williams a r&eacute;uni 13 membres du Haut Conseil d&#8217;Etat de Tripoli et 13 membres de la Chambre des repr&eacute;sentants de Tobrouk, tandis que l&rsquo;UNSMIL a s&eacute;lectionn&eacute; les 49 membres restants du comit&eacute; de dialogue. Cependant, l&rsquo;UNSMIL n&#8217;a pas annonc&eacute; les crit&egrave;res et le m&eacute;canisme adopt&eacute;s pour la s&eacute;lection de ces membres, qu&#8217;il s&#8217;agisse de leur influence politique, sociale ou tribale dans le conflit actuel. Cette pratique a suscit&eacute; la col&egrave;re de nombreuses parties au conflit qui avaient des r&eacute;serves sur le m&eacute;canisme de s&eacute;lection, d&#8217;autant plus que la mission de l&#8217;ONU avait ignor&eacute; des segments sociaux importants tels que les Amazighs et les T&eacute;bous, ainsi que les personnes d&eacute;plac&eacute;es &agrave; l&#8217;int&eacute;rieur de la Libye qui ont &eacute;galement protest&eacute; contre leur exclusion.<\/span><\/p>\n<p><span>Il semblait que Williams avait ignor&eacute; ces objections afin de finaliser un nouvel accord qui conduirait &agrave; la nomination d&#8217;un nouveau conseil pr&eacute;sidentiel compos&eacute; d&#8217;un pr&eacute;sident, de deux vice-pr&eacute;sidents et d&#8217;un gouvernement s&eacute;par&eacute; du Conseil de la pr&eacute;sidence, mettant ainsi fin au r&ocirc;le du Haut Conseil d&rsquo;Etat. Entre-temps, un autre probl&egrave;me s&#8217;est pos&eacute; concernant la r&eacute;partition des postes sup&eacute;rieurs selon les quotas r&eacute;gionaux. Selon certains observateurs, la cons&eacute;cration par la mission de l&rsquo;ONU du r&eacute;gionalisme dans les projets de documents d&rsquo;accord constitutionnel ou politique ne contribuerait en rien &agrave; la stabilit&eacute; de l&rsquo;Etat et pourrait m&ecirc;me accro&icirc;tre la polarisation entre les parties au conflit. Il convient &eacute;galement de noter qu&#8217;al-Sarraj, avait annonc&eacute; son intention de quitter le pouvoir avant la fin du mois d&rsquo;octobre 2020, mais l&#8217;&eacute;chec du dialogue politique &agrave; parvenir &agrave; un nouvel accord politique au cours de la p&eacute;riode annonc&eacute;e a contraint les parties prenantes d&#8217;exiger d&#8217;al-Sarraj de rester &agrave; son poste jusqu&#8217;&agrave; ce qu&#8217;une nouvelle forme d&#8217;autorit&eacute; soit convenue.<\/span><\/p>\n<p><span>Apr&egrave;s une semaine de r&eacute;unions &agrave; Tunis, Williams semblait optimiste quant aux progr&egrave;s r&eacute;alis&eacute;s dans les pourparlers, mais les observateurs soulignaient que le probl&egrave;me n&#8217;avait pas encore commenc&eacute;. Alors qu&#8217;il y avait un accord sur la dur&eacute;e de la phase de transition, le m&eacute;canisme et les pr&eacute;rogatives du Conseil pr&eacute;sidentiel et du gouvernement, Williams a d&ucirc; faire face &agrave; l&#8217;&eacute;pineux obstacle consistant &agrave; choisir un pr&eacute;sident et deux adjoints du Conseil pr&eacute;sidentiel, le Premier ministre et une entente sur le reste postes sup&eacute;rieurs. Une concurrence malsaine entre les parties au conflit pour d&eacute;signer des postes cl&eacute;s a contraint la mission de l&#8217;ONU &agrave; suspendre les r&eacute;unions de dialogue &agrave; Tunis.<\/span><\/p>\n<h2>5. Rencontres au Maroc<\/h2>\n<p><span>Fin novembre 2020, le Maroc a convoqu&eacute; les membres de la Chambre des repr&eacute;sentants pour tenir une session consultative. Il y avait lieu d&#8217;&ecirc;tre optimiste car plus de 120 d&eacute;put&eacute;s ont assist&eacute; &agrave; la r&eacute;union qui s&rsquo;est tenue &agrave; Tanger &#8211; une premi&egrave;re depuis des ann&eacute;es avec un tel quorum. A la suite de cette r&eacute;union, ces derniers ont accept&eacute; de se rencontrer &agrave; Ghadam&egrave;s et plusieurs t&acirc;ches &agrave; accomplir ont &eacute;t&eacute; identifi&eacute;es, notamment le choix d&#8217;un pr&eacute;sident pour la Chambre des repr&eacute;sentants afin d&#8217;unifier l&#8217;institution l&eacute;gislative et la n&eacute;cessit&eacute; de mettre fin &agrave; la phase de transition pour en finir avec la division politique et unifier les institutions de l&#8217;Etat. Malheureusement, alors qu&#8217;il semblait y avoir de la lumi&egrave;re au bout du tunnel, de nouveaux obstacles sont apparus. Aqila Saleh, &agrave; Tobrouk, a menac&eacute; que la piste de Tanger ruine la piste de Tunis car il s&#8217;est rendu compte que les d&eacute;put&eacute;s r&eacute;unis &agrave; Tanger avaient accept&eacute; de le d&eacute;mettre de ses fonctions de pr&eacute;sident de la Chambre des repr&eacute;sentants. Par cons&eacute;quent, les observateurs ne s&#8217;attendent pas &agrave; ce que les efforts visant &agrave; unifier les deux organes parlementaires rivaux aboutissent.<\/span><\/p>\n<h2>6. Elections pour d&eacute;passer le conflit de leadership et de loyaut&eacute;s<\/h2>\n<p><span>Il ne semble pas que Stephanie Williams soit dans une position confortable, car chacun insiste sur le choix de son candidat. Alors que les repr&eacute;sentants de la r&eacute;gion de Cyr&eacute;na&iuml;que se battent dans le dialogue sur la n&eacute;cessit&eacute; pour le pr&eacute;sident du Conseil pr&eacute;sidentiel d&#8217;&ecirc;tre de Barqa, un certain nombre de membres de l&#8217;&eacute;quipe du dialogue refusent qu&#8217;Aqila Saleh soit le candidat &agrave; ce poste. Pendant ce temps, le camp du GNA, repr&eacute;sent&eacute; par Fathi Bashagha et d&#8217;autres candidats, se disputent le poste de Premier ministre, qui semble &ecirc;tre devenu une partie du quota de la r&eacute;gion Tripolitaine. Les noms d&#8217;Abd al-Majid Seif al-Nasr ou Ali Zeidan, ancien Premier ministre, circulent, pour occuper le poste de vice-pr&eacute;sident du Conseil pr&eacute;sidentiel r&eacute;serv&eacute; &agrave; la r&eacute;gion de Fezzan.<\/span><\/p>\n<p><span>En outre, la Chambre des repr&eacute;sentants n&#8217;a pas r&eacute;ussi, lors de sa session &agrave; Ghadam&egrave;s, &agrave; choisir un pr&eacute;sident pour le conseil ou &agrave; convenir d&#8217;un r&egrave;glement int&eacute;rieur qui r&eacute;girait l&#8217;administration du parlement. On peut soutenir que l&rsquo;une des raisons de cet &eacute;chec est l&rsquo;apparente insistance de l&rsquo;UNSMIL &agrave; partager les postes de responsabilit&eacute; selon les trois r&eacute;gions historiques de la Libye. On ne s&#8217;attend pas &agrave; ce qu&#8217;une perc&eacute;e soit faite pour surmonter l&#8217;impasse actuelle. Tr&egrave;s probablement, l&#8217;une des raisons fortes de leur acceptation de se r&eacute;unir est uniquement leur crainte d&#8217;&ecirc;tre remplac&eacute;s par le comit&eacute; de dialogue &agrave; Tunis, comme la mission de l&#8217;ONU l&#8217;a laiss&eacute; entendre &agrave; plusieurs reprises.<\/span><\/p>\n<p><span>Face &agrave; ces choix difficiles, la mission onusienne se retrouve dans un cercle vicieux de luttes de pouvoir o&ugrave; satisfaire un parti lui fait perdre les autres. Ainsi, un troisi&egrave;me courant en dehors de l&#8217;&eacute;quipe de dialogue et l&#8217;impasse dans laquelle les organes rivaux sont enferm&eacute;s soul&egrave;ve la voie alternative de se rendre aux &eacute;lections l&eacute;gislatives conform&eacute;ment &agrave; la D&eacute;claration constitutionnelle actuelle et &agrave; la loi &eacute;lectorale de 2014. La Commission &eacute;lectorale s&#8217;est d&eacute;clar&eacute;e pr&ecirc;te &agrave; organiser des &eacute;lections dans un d&eacute;lai de deux &agrave; trois mois. Les partisans de cette option estiment que la participation aux &eacute;lections l&eacute;gislatives aboutira &agrave; de multiples r&eacute;sultats. Les &eacute;lections assureront une sortie de l&#8217;&eacute;tat de division du corps l&eacute;gislatif, ainsi que la sortie de toutes les parties au conflit de la sc&egrave;ne, c&eacute;dant ainsi la place &agrave; une circulation parmi les &eacute;lites et &agrave; l&#8217;&eacute;mergence d&#8217;une nouvelle sc&egrave;ne politique peut-&ecirc;tre moins divis&eacute;e. Cependant, ceux qui ont beaucoup &agrave; perdre de cette proposition, et leurs soutiens r&eacute;gionaux et internationaux, sont ceux qui s&#8217;y opposent.<\/span><\/p>\n<p><span>Par cons&eacute;quent, davantage de fragmentation et de conflits entre les parties au conflit et au sein de chaque camp sont en vue. Une nouvelle crise a &eacute;clat&eacute; entre le gouverneur de la Banque centrale de Tripoli et le pr&eacute;sident de la <i>National Oil Corporation<\/i>. Apparemment, ce dernier avait refus&eacute; de transf&eacute;rer les revenus p&eacute;troliers sur le compte de la Banque centrale et les avait gel&eacute;s, dans ce qui semblait &ecirc;tre une autre lutte pour le pouvoir &agrave; Tripoli. Parall&egrave;lement, une rencontre a eu lieu, sous la pression europ&eacute;enne, entre le pr&eacute;sident de la Banque centrale de Tripoli et son homologue de Benghazi. Le Conseil d&rsquo;administration de la banque s&rsquo;est r&eacute;uni pour la premi&egrave;re fois depuis des ann&eacute;es et a convenu d&rsquo;unifier la politique mon&eacute;taire et le taux de change.<\/span><\/p>\n<p><span>En conclusion, la mission de l&#8217;ONU aura probablement le dernier mot et nommera ses candidats aux postes de direction de l&#8217;Etat afin de surmonter la lutte enracin&eacute;e pour le pouvoir. Alors que Stephanie Williams fait allusion &agrave; des sanctions internationales contre les acteurs faisant obstruction au processus de dialogue, Guterres a nomm&eacute; &agrave; la mi-d&eacute;cembre 2020 le Bulgare Nickolay Mladenov son nouvel envoy&eacute; pour s&rsquo;occuper du conflit libyen <a href=\"#ft-4\">(4)<\/a>, mais Mladenov inform&eacute; le Secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral de l&rsquo;ONU qu&#8217;il ne serait pas en mesure d&#8217;assumer ce poste pour &laquo;&nbsp;des raisons personnelles et familiales&nbsp;&raquo;, selon Reuters. Trouver une autre alternative sera l&#8217;une des t&acirc;ches urgentes de Guterres au d&eacute;but de 2021.<\/span><\/p>\n<hr \/>\n<p><b><span>R&eacute;f&eacute;rences<\/span><\/b><\/p>\n<p><span><a id=\"ft-1\">(1)<\/a> <a href=\"https:\/\/twitter.com\/antonioguterres\/status\/1114187435460767744?s=20\">https:\/\/twitter.com\/antonioguterres\/status\/1114187435460767744?s=20<\/a><\/span><\/p>\n<p><span><a id=\"ft-2\">(2)<\/a> <a href=\"https:\/\/bit.ly\/3mAabK1\">https:\/\/bit.ly\/3mAabK1<\/a><\/span><\/p>\n<p><span><a id=\"ft-3\">(3)<\/a> <a href=\"https:\/\/bit.ly\/3h6Gm2I\">https:\/\/bit.ly\/3h6Gm2I<\/a><\/span><\/p>\n<p><span><a id=\"ft-4\">(4)<\/a> <a href=\"https:\/\/www.reuters.com\/article\/un-conflict-libya-mideast-int\/u-n-security-council-approves-new-u-n-envoys-to-mediate-libya-mideast-idUSKBN28P335\">https:\/\/www.reuters.com\/article\/un-conflict-libya-mideast-int\/u-n-security-council-approves-new-u-n-envoys-to-mediate-libya-mideast-idUSKBN28P335<\/a><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&laquo;&nbsp;Je quitte la Libye le c&oelig;ur lourd et profond&eacute;ment pr&eacute;occup&eacute;. J&#8217;esp&egrave;re toujours qu&#8217;il est possible d&#8217;&eacute;viter une confrontation sanglante &agrave; Tripoli et ses alentours.&nbsp;&raquo; C&rsquo;est avec ce tweet, qu&#8217;Ant&oacute;nio Guterres, Secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral des Nations unies, a quitt&eacute; la capitale libyenne, Tripoli, le 5 avril 2019&#8230; par Khaled Ibrahim<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":1158,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-1161","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-contributions"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.3 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>Les chemins sinueux du conflit en Libye - Cordoba Peace Institute | \u0627\u0644\u0639\u0631\u0628\u064a\u0629<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/cpi-geneva.org\/ar\/les-chemins-sinueux-du-conflit-en-libye\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"ar_AR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Les chemins sinueux du conflit en Libye - Cordoba Peace Institute | \u0627\u0644\u0639\u0631\u0628\u064a\u0629\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"&laquo;&nbsp;Je quitte la Libye le c&oelig;ur lourd et profond&eacute;ment pr&eacute;occup&eacute;. 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