{"id":101,"date":"2004-07-05T01:00:00","date_gmt":"2004-07-05T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/cpi-geneva.org\/ar\/2004\/07\/05\/la-tente-du-dialogue-publications\/"},"modified":"2023-04-27T16:16:20","modified_gmt":"2023-04-27T15:16:20","slug":"la-tente-du-dialogue-publications","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/cpi-geneva.org\/ar\/la-tente-du-dialogue-publications\/","title":{"rendered":"La \u00ab Tente du Dialogue \u00bb &#8211; Publications"},"content":{"rendered":"<div><span style=\"font-size: 12px;\">&#8211; <strong>L&#8217;Islam et la d&eacute;mocratie<\/strong>, <em>A. Benarafa<\/em><\/span><br \/><span style=\"font-size: 12px;\">&#8211; <strong>L&#8217;Islam repr&eacute;sente-t-il une menace pour la d&eacute;mocratie ?<\/strong>, <em>G. M. Arnaout<\/em><\/span><br \/><span style=\"font-size: 12px;\">&#8211; <strong>L&#8217;Islam, est-il compatible avec les droits de l&#8217;homme ?<\/strong>, <em>H. Manna<\/em><\/span><\/div>\n<p><!--more--><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 13px; color: #902323;\"><strong>L&#8217;Islam et la d&eacute;mocratie<\/strong><\/span><br \/><span style=\"font-size: 11px;\"><strong style=\"font-size: 12px;\">Abdelillah Benarafa<\/strong>, Expert &agrave; l&#8217;Organisation Islamique pour l&#8217;Education, les Sciences et la Culture (ISESCO)<\/span><br \/>{slider=Lire l&#8217;article}<br \/>Poser le probl&egrave;me de cette fa&ccedil;on a au moins, une vertu p&eacute;dagogique, c&#8217;est-&agrave;-dire, r&eacute;pondre &agrave; la question des rapports entre l&#8217;Islam et la d&eacute;mocratie. Le revers de la m&eacute;daille est que cette pr&eacute;sentation risque de cr&eacute;er une confusion chez l&#8217;auditeur ou le lecteur sur les &eacute;ventuels rapports que peuvent entretenir une religion (l&#8217;Islam en l&#8217;occurrence) et un syst&egrave;me politique (la d&eacute;mocratie). Or, il faut se d&eacute;fier de la tendance &agrave; arranger les probl&egrave;mes en oppositions et en antith&egrave;ses artificielles, par une interpr&eacute;tation &agrave; la fois simpliste et syst&eacute;matique, qui rel&egrave;ve surtout de l&#8217;incapacit&eacute; d&#8217;aller plus loin et de r&eacute;soudre les oppositions apparentes dans l&#8217;unit&eacute; harmonique d&#8217;une v&eacute;ritable synth&egrave;se.<\/p>\n<p>Il n&#8217;en est pas moins vrai qu&#8217;il y a bien sous le rapport que nous envisageons ici par le titre de ce colloque, une certaine opposition de fa&ccedil;ade entre Islam et d&eacute;mocratie.<\/p>\n<p>Comment faire donc pour une meilleure compr&eacute;hension des deux termes de cette probl&eacute;matique. A mon sens, il faut s&#8217;atteler d&#8217;abord &agrave; pr&eacute;senter de mani&egrave;re simple l&#8217;Islam d&#8217;un c&ocirc;t&eacute; et la d&eacute;mocratie de l&#8217;autre, afin de r&eacute;unir les &eacute;l&eacute;ments de divergence ou d&#8217;accord entre eux.<\/p>\n<p>Ces deux concepts pris s&eacute;par&eacute;ment ne posent pas de probl&egrave;me. Chacun ob&eacute;it &agrave; sa propre logique. Mais mis &agrave; c&ocirc;t&eacute;, ils posent le probl&egrave;me de leurs rapports &eacute;ventuels. Mais revenons &agrave; des questions fondamentales:<\/p>\n<p><strong>Qu&#8217;est ce que l&#8217;Islam? Qu&#8217;est-ce que la d&eacute;mocratie?<\/strong><\/p>\n<p>Beaucoup d&#8217;ouvrages ont &eacute;t&eacute; consacr&eacute;s pour r&eacute;pondre &agrave; ces questions. Certains adoptent des profils historiques, sociologiques, psychologiques, politiques ou doctrinaux. Le mot &laquo;islam&raquo; est apparu en langue arabe &agrave; la m&ecirc;me &eacute;poque que la r&eacute;v&eacute;lation. Quant au mot &laquo;d&eacute;mocratie&raquo;, ce mot d&#8217;origine grecque, il sera introduit dans la langue arabe pendant la p&eacute;riode moderne. L&#8217;Islam et la d&eacute;mocratie d&eacute;signent trop de choses pour qu&#8217;on puisse les saisir d&#8217;embl&eacute;e dans un rapport d&#8217;opposition ou de compl&eacute;mentarit&eacute;. Il convient donc de les r&eacute;duire &agrave; leur plus simple expression.<\/p>\n<p><strong>Qu&#8217;est-ce que la d&eacute;mocratie de mani&egrave;re simple?<\/strong><\/p>\n<p>Voici la d&eacute;finition du Robert : &laquo;Doctrine politique d&#8217;apr&egrave;s laquelle la souverainet&eacute; doit appartenir &agrave; l&#8217;ensemble des citoyens&raquo;. Cette d&eacute;finition toute simple pose un certain nombre de probl&egrave;mes relatifs &agrave; la d&eacute;finition de la souverainet&eacute; et des citoyens. Mais ce n&#8217;est pas notre propos.<\/p>\n<p><strong>De l&#8217;autre c&ocirc;t&eacute;, qu&#8217;est-ce que l&#8217;Islam?<\/strong><\/p>\n<p>D&#8217;apr&egrave;s un hadith (propos proph&eacute;tique) tr&egrave;s c&eacute;l&egrave;bre, selon Abou Houreira, le Proph&egrave;te se trouvait un jour avec ses compagnons quand vint un homme habill&eacute; en blanc avec une chevelure d&#8217;un noir intense, et lui demanda : &laquo;qu&#8217;est-ce que l&#8217;Islam?&raquo;. Le Proph&egrave;te r&eacute;pondit : &laquo;L&#8217;Islam consiste en ce que tu crois en Dieu sans rien lui associer, que tu pratiques la pri&egrave;re, que tu verses l&#8217;aum&ocirc;ne l&eacute;gale, que tu pratique le je&ucirc;ne du Ramadan, et que tu fasses le p&egrave;lerinage vers la demeure de Dieu une fois dans ta vie&#8230;&raquo;.<\/p>\n<p>Tels sont ces deux concepts r&eacute;duits &agrave; leur simple expression. Notre pr&eacute;occupation est de savoir si un rapprochement entre les deux termes est possible. De mani&egrave;re globale, l&#8217;Islam d&#8217;apr&egrave;s ce hadith d&eacute;signe un certain nombre de &laquo;devoirs&raquo;, tandis que la d&eacute;mocratie, un ensemble de &laquo;droits&raquo;. Certains seraient tent&eacute;s de conclure &agrave; une opposition irr&eacute;ductible des deux concepts. Cependant, la formulation du probl&egrave;me est contre productive.<\/p>\n<p>La d&eacute;mocratie comme l&#8217;Islam souffrent d&#8217;un exc&egrave;s de signification. Mais, cette inflation s&eacute;mantique traduit aussi une vivacit&eacute; des deux termes qui se colorent des repr&eacute;sentations humaines. Le propre des concepts &agrave; vocation universelle est d&#8217;&ecirc;tre trop charg&eacute;s ou trop simples. D&#8217;o&ugrave; la difficult&eacute; de les appr&eacute;hender en mettant l&#8217;accent sur un c&ocirc;t&eacute; ou un autre. Un concept universel ob&eacute;it &agrave; cette double exigence : avoir une nudit&eacute; conceptuelle tr&egrave;s simple ; et en m&ecirc;me temps, porte la charge s&eacute;mantique des traductions humaines? Surtout lorsque le concept en question &agrave; une vocation de salut pour l&#8217;humanit&eacute;. La d&eacute;mocratie n&#8217;est pas seulement une organisation des institutions, elle est surtout une exigence morale. Or, cette exigence n&#8217;est pas seulement une formulation abstraite, mais son contenu est d&eacute;termin&eacute; selon l&#8217;espace et le temps dans lesquels elle est employ&eacute;e. Il y a donc un dynamisme porteur de sens dans un concept comme celui-l&agrave;. Vouloir enfermer la d&eacute;mocratie dans une d&eacute;finition univoque sans la variable du temps et de l&#8217;espace aboutirait &agrave; une notion morte. Toute l&#8217;histoire prouve que la d&eacute;mocratie r&eacute;alis&eacute;e n&#8217;est jamais qu&#8217;un moment du mouvement d&eacute;mocratique, et ce mouvement para&icirc;t ne pas avoir de fin puisque la d&eacute;mocratie entend procurer le bien. Or, le bien est forc&eacute;ment une qu&ecirc;te qui ne s&#8217;arr&ecirc;te jamais sauf si la mort nous rattrape. Ainsi, la d&eacute;mocratie n&#8217;est certainement pas seulement un mode d&#8217;organisation politique, elle est une valeur. Or cette valeur ne peut pas s&#8217;imprimer en dehors de chaque individu. Elle est l&#8217;aboutissement d&#8217;une culture, le couronnement du g&eacute;nie humain, c&#8217;est-&agrave;-dire, une &eacute;l&eacute;vation humaine &agrave; l&#8217;&eacute;chelle personnelle et celle des autres. Par exemple, la d&eacute;claration des droits de l&#8217;homme et du citoyen est le couronnement de la culture fran&ccedil;aise et europ&eacute;enne. La d&eacute;mocratie est donc une valeur entre deux m&eacute;diocrit&eacute;s : au dessous, le manque de d&eacute;mocratie aboutit &agrave; l&#8217;esclavage ; au dessus, le despotisme. La d&eacute;mocratie est donc une valeur du juste milieu, elle est l&#8217;affirmation la plus solennelle entre deux n&eacute;gations de la libert&eacute; humaine. L&#8217;esclave souffre d&#8217;un d&eacute;ficit de personnalit&eacute; ; le despote, d&#8217;un exc&egrave;s de la sienne. Le premier ignore la conscience de son moi, le second, la figure de l&#8217;autre. La d&eacute;mocratie a donc une vocation &agrave; &eacute;liminer la servilit&eacute; et le despotisme humains.<\/p>\n<p>Voyons &agrave; pr&eacute;sent le rapport de l&#8217;Islam &agrave; la d&eacute;mocratie. Pourquoi ne pas parler de d&eacute;mocratie musulmane &agrave; l&#8217;instar de la d&eacute;mocratie chr&eacute;tienne. Rien de fondamental n&#8217;emp&ecirc;che cette figure politique. La d&eacute;mocratie islamique suppose donc que l&#8217;Islam a le souci du bonheur de soi et des autres compatible avec la d&eacute;mocratie telle que nous l&#8217;avons d&eacute;crite.<\/p>\n<p>Mais avant de voir si l&#8217;Islam est compatible avec la d&eacute;mocratie, voyons plut&ocirc;t comment cette religion traite les deux tendances antid&eacute;mocratiques oppos&eacute;s, &agrave; savoir l&#8217;esclavage et le despotisme.<\/p>\n<p>L&#8217;Islam est na&icirc;t dans une soci&eacute;t&eacute; esclavagiste et despotique qu&#8217;&eacute;tait la p&eacute;ninsule arabique, &agrave; l&#8217;instar d&#8217;ailleurs de l&#8217;ensemble du monde &agrave; cette &eacute;poque. Le Coran et la tradition proph&eacute;tique n&#8217;ont cess&eacute; de scander la valeur universelle de la libert&eacute; humaine qui proc&egrave;de du divin. L&#8217;homme n&#8217;est pas un animal rationnel, il est le vicaire de Dieu sur terre, entendez qu&#8217;il est responsable de toutes les cr&eacute;atures. Ceci implique que l&#8217;homme n&#8217;est pas seul dans l&#8217;univers, il a un droit de regard et des devoirs de protection sur l&#8217;ensemble des cr&eacute;atures. Ce n&#8217;est pas un individu isol&eacute; coup&eacute; du reste. L&#8217;Islam a produit une batterie de mesures incalculables pour r&eacute;duire l&#8217;esclavage, voire &agrave; l&#8217;&eacute;liminer sans pour autant r&eacute;ussir compl&egrave;tement puisque les hommes sont ce qu&#8217;ils sont depuis que le monde est monde. Ils n&#8217;&eacute;taient pas encore pr&ecirc;ts &agrave; abandonner l&#8217;esclavage de leurs semblables, et qui continue de nos jours sous d&#8217;autres formes. Quant &agrave; l&#8217;autre tendance, le despotisme, elle est incompatible avec le message coranique et proph&eacute;tique. La figure du Pharaon, symbole du despote est d&eacute;peinte dans le Coran de mani&egrave;re tr&egrave;s n&eacute;gative. Le Proph&egrave;te lui-m&ecirc;me &eacute;tait un homme tr&egrave;s simple et consultait ses compagnons sur parfois des d&eacute;tails de la vie, afin de pr&eacute;server cet esprit de concertation et de coll&eacute;gialit&eacute;.<\/p>\n<p>S&#8217;il existe donc, une tradition d&eacute;mocratique islamique, elle ne doit pas &ecirc;tre cherch&eacute;e dans une d&eacute;claration universelle des droits de l&#8217;homme, ou dans un texte constitutionnel qui proclame que le peuple est souverain, puisque le Coran n&#8217;a pas cette vocation, malgr&eacute; tout, limit&eacute;e et sujette aux al&eacute;as du changement. Selon le Dr Abdelaziz ben Othman Altwaijri : &laquo;Bien que d&eacute;positaire d&#8217;un syst&egrave;me de vie global, l&#8217;Islam n&#8217;en a pas pour autant propos&eacute; des r&egrave;gles pr&eacute;cises et d&eacute;taill&eacute;es du mode de gouvernement de l&#8217;Etat et de son dispositif &eacute;conomique, social et administratif. Il s&#8217;est suffi &agrave; d&eacute;cr&eacute;ter les principes g&eacute;n&eacute;raux, les dispositions l&eacute;gales et les orientations, dont l&#8217;observation m&egrave;ne tout droit au salut et &agrave; la f&eacute;licit&eacute; dans le monde de l&#8217;ici-bas et de l&#8217;au-del&agrave;. De fait, l&#8217;Islam a garanti &agrave; l&#8217;homme la libert&eacute; de pens&eacute;e qui lui permet de construire des th&eacute;ories et d&#8217;imaginer des plans d&#8217;action pour la gestion de sa vie et des affaires de l&#8217;Etat et de la soci&eacute;t&eacute;, en conformit&eacute; avec les prescriptions g&eacute;n&eacute;rales de la religion&raquo; (<em>L&#8217;Education politique en Islam, ISESCO 2001, pp. 33-34<\/em>).<\/p>\n<p>Le Coran est une r&eacute;v&eacute;lation a vocation universelle, &eacute;ternelle qui ne doit pas souffrir d&#8217;amendements de quelque sorte que ce soit. Cette tradition d&eacute;mocratique islamique doit &ecirc;tre cherch&eacute;e dans l&#8217;esprit de l&#8217;Islam en tant que mouvement d&eacute;mocratique. Quand une id&eacute;e est universelle, elle est forc&eacute;ment compatible avec l&#8217;Islam. Quand une id&eacute;e est vraie dans une tradition universelle, elle est imp&eacute;rativement vraie dans les autres traditions aux m&ecirc;mes pr&eacute;tentions. Si une id&eacute;e est vraie, elle appartient &eacute;galement &agrave; tous ceux qui sont capables de la comprendre et de se l&#8217;approprier. Si elle est fausse, il n&#8217;y a pas &agrave; se faire gloire de l&#8217;avoir invent&eacute;e. Une id&eacute;e vraie ne peut &ecirc;tre nouvelle, car la v&eacute;rit&eacute; n&#8217;est pas un produit de l&#8217;esprit humain, elle existe ind&eacute;pendamment de nous, et nous avons seulement &agrave; la conna&icirc;tre ; en dehors de cette connaissance, il ne peut y avoir que l&#8217;erreur. La libert&eacute; et la d&eacute;mocratie, font partie de ces id&eacute;es vraies et universelles. La d&eacute;mocratie est une id&eacute;e universelle sous son rapport &agrave; la libert&eacute;, mais elle devient relative quant &agrave; la fa&ccedil;on d&#8217;organiser cette libert&eacute; dans les diff&eacute;rentes soci&eacute;t&eacute;s humaines. L&#8217;Islam en tant que religion p&eacute;renne, est universelle. Mais sa traduction humaine est relative et sujette au changement. Les diff&eacute;rentes conceptions de la d&eacute;mocratie sont comprises entre deux grandes tendances : l&#8217;homme est consid&eacute;r&eacute; soit comme un citoyen &agrave; qui l&#8217;on octroie certains droits politiques, soit comme faisant partie d&#8217;une classe et &agrave; qui on accorde des garanties sociales. C&#8217;est un rapport horizontal.<\/p>\n<p>Or, l&#8217;Islam consid&egrave;re l&#8217;homme dans son rapport &agrave; Dieu. Le rapport ici est vertical avec le principe : &laquo;Nous avons honor&eacute; l&#8217;homme&raquo; dit un verset qui proclame de mani&egrave;re solennelle la valeur transcendantale de l&#8217;humanit&eacute;. C&#8217;est une autre fa&ccedil;on de consid&eacute;rer la d&eacute;mocratie. Nous pouvons donc dire que cette conception est d&#8217;ordre sacral, tandis que la d&eacute;mocratie occidentale est de type la&iuml;que. La d&eacute;mocratie islamique voit dans chaque homme l&#8217;empreinte de Dieu, l&#8217;autre conception voit en lui la pr&eacute;sence des autres hommes et de la soci&eacute;t&eacute;. La diff&eacute;rence r&eacute;side dans ce que signifie pour chaque homme, sa conscience et la figure de l&#8217;autre. Pour le message coranique, l&#8217;homme doit porter en lui cet honneur dont Dieu l&#8217;a gratifi&eacute; pour lui et pour ses semblables. Or, la d&eacute;mocratie telle que nous l&#8217;avons d&eacute;finie plus haut est une notion m&eacute;diane entre deux n&eacute;gations de la libert&eacute;. En proclamant l&#8217;honneur en soi et chez autrui, la conception islamique neutralise les tendances liberticides chez l&#8217;homme. Cette conception de la libert&eacute; et de la d&eacute;mocratie est bien entendue pr&eacute;serv&eacute;e par des gardes fous qui l&#8217;emp&ecirc;chent de d&eacute;choir dans l&#8217;ab&icirc;me et de l&#8217;esclavage et du despotisme. Beaucoup de versets insistent sur le salut &eacute;ternel pour ceux qui ne cherchent pas &agrave; dominer autrui. D&#8217;autres enfin, sur le refus ontologique de l&#8217;esclavage puisque Dieu incite les hommes &agrave; refuser cette servilit&eacute; en les poussant &agrave; &eacute;migrer vers la vaste terre de Dieu pour fuir cette condition inhumaine.<\/p>\n<p>Donc, le message de l&#8217;Islam pr&eacute;sente tous les ingr&eacute;dients contre les tendances antid&eacute;mocratiques extr&ecirc;mes, tels l&#8217;esclavage et le despotisme. Ces principes sont inscrits dans la foi scand&eacute;e &agrave; chaque stade des rites d&#8217;initiation de passage dans la vie de chaque musulman. La d&eacute;mocratie islamique est inscrite donc dans la conscience intime de soi et des autres.<\/p>\n<p>Nous avons aboutit &agrave; d&eacute;finir la d&eacute;mocratie comme une notion du juste milieu, or, l&#8217;Islam se pr&eacute;sente lui-m&ecirc;me comme une religion en qu&ecirc;te du centre. Suivant l&#8217;histoire des sciences, la langue raconte que le centre du cercle ou que le centre en g&eacute;n&eacute;ral, cette id&eacute;alit&eacute; pure, loin de d&eacute;signer, au d&eacute;part, le lieu calme o&ugrave; l&#8217;on d&eacute;bat dans l&#8217;&eacute;galit&eacute; d&eacute;mocratique sereine, d&eacute;crit la trace laiss&eacute;e par l&#8217;aiguillon. De deux personnes qui se contredisent, il faut bien que l&#8217;une dise faux et l&#8217;autre vrai : il n&#8217;y a pas de troisi&egrave;me possible ; on le dit, le tiers est exclu ; ou mieux encore : il n&#8217;y a pas de milieu. Le dictionnaire d&eacute;finit ce mot par &laquo;partie d&#8217;une chose qui est &agrave; &eacute;gale distance de ses bords. Le milieu d&#8217;une rue, le point situ&eacute; &agrave; mi-distance de ses extr&eacute;mit&eacute;s&raquo;. C&#8217;est un point presque absent puisque c&#8217;est un isthme, sans &eacute;paisseur ni dimension aucune, et pourtant, tout &agrave; coup, comme la totalit&eacute; du volume o&ugrave; nous vivons : notre milieu, c&#8217;est-&agrave;-dire, notre environnement. Du mi-lieu, petite localit&eacute; exclue, au milieu, comme univers autour de nous. Ce qui n&#8217;avait pas de place la prend toute. Du mi-lieu, endroit &agrave; peu pr&egrave;s &eacute;galement &eacute;loign&eacute; d&#8217;un commencement et d&#8217;une fin &agrave; espace mat&eacute;riel dans lequel un corps est plac&eacute;. On passe de l&#8217;&eacute;quidistance au recouvrement.<\/p>\n<p>L&#8217;Islam se pr&eacute;sente selon le verset 143 qui est le milieu num&eacute;rique de la Sourate II (la Vache) avec ses 286 versets : &laquo;Ainsi avons-Nous fait de vous une communaut&eacute; de juste milieu, pour que vous soyez t&eacute;moins des autres hommes, le Proph&egrave;te t&eacute;moignera de vous&#8230;&raquo;. La Mecque devient ainsi le centre du monde, et cette profession s&#8217;exprime entre deux propositions relatives &agrave; la nouvelle qibla de pri&egrave;re. Cette nouvelle orientation dans l&#8217;espace s&#8217;accompagne &eacute;galement d&#8217;un nouvelle orientation du salut humain dans le milieu entre deux extr&ecirc;mes : le servilit&eacute; et le paganisme. Voici le nouveau message de l&#8217;Islam : la libert&eacute; et la connaissance. Il n&#8217;y a pas de libert&eacute; sans connaissance ; et celle-ci n&#8217;a pas de valeur si elle ne conduit &agrave; rendre l&#8217;homme libre.<\/p>\n<p>On voit plus clairement, &agrave; pr&eacute;sent, la liaison entre Islam et d&eacute;mocratie. Il &eacute;tait difficile de d&eacute;finir leurs rapports au d&eacute;but de cet expos&eacute; en les prenant comme des antith&egrave;ses. Ces deux grandes id&eacute;es ne sont pas de simples notions &agrave; d&eacute;finir dans un dictionnaire, mais elles ont des prolongements dans les structures mentales et sociales des humains. Le point commun entre Islam et d&eacute;mocratie est ce souci d&#8217;&eacute;liminer les tendances antid&eacute;mocratiques selon le langage propre &agrave; la d&eacute;mocratie, ou les tendances diaboliques selon le langage imag&eacute; du Coran.<\/p>\n<p>En conclusion de cet expos&eacute;, il me semble que l&#8217;entreprise d&eacute;mocratique d&eacute;passe la simple passation de pouvoir selon une constitution donn&eacute;e pour insister sur le d&eacute;sir de libert&eacute; et du savoir chez les hommes. Il faut une structure psychologique forte pour que la d&eacute;mocratie soit traduite dans des institutions. D&#8217;o&ugrave; l&#8217;erreur que font certains &agrave; vouloir implanter la d&eacute;mocratie dans une soci&eacute;t&eacute; donn&eacute;e en la dotant d&#8217;une constitution calqu&eacute;e sur l&#8217;exp&eacute;rience d&#8217;une autre soci&eacute;t&eacute; humaine. La d&eacute;mocratie doit na&icirc;tre dans le terreau particulier &agrave; chaque culture pour qu&#8217;elle donne ses fruits de libert&eacute; et de savoir.<\/p>\n<p>Contribution &agrave; la Tente du dialogue<br \/><strong>Fondation Cordoue<\/strong><br \/>Gen&egrave;ve, 26 juin 2004<br \/>{\/slider}<\/p>\n<p><span style=\"font-size: 13px; color: #902323;\"><strong>L&#8217;Islam repr&eacute;sente-t-il une menace pour la d&eacute;mocratie ?<\/strong><\/span><br \/><span style=\"font-size: 11px;\"><strong>Ghassan M. Arnaout<\/strong>, ancien directeur de la Division du Droit et de la Doctrine du HCR<\/span><em><br \/><\/em>{slider=Lire l&#8217;article}<br \/>Excellences,<br \/>Messieurs les Repr&eacute;sentants des Autorit&eacute;s genevoises,<br \/>Mesdames et Messieurs,<br \/>Chers Amis,<\/p>\n<p>C&#8217;est un privil&egrave;ge pour moi de participer ce soir &agrave; un &eacute;v&eacute;nement exceptionnel, plac&eacute; sous le signe du dialogue et de l&#8217;ouverture vers l&#8217;autre. Comment ne pas &ecirc;tre sensible &agrave; l&#8217;initiative conjointe de la Fondation de l&#8217;Entre-connaissance et de la Fondation de Courdoue &agrave; Gen&egrave;ve, d&#8217;avoir r&eacute;uni non sans une certaine t&eacute;m&eacute;rit&eacute;, des personnalit&eacute;s d&#8217;ob&eacute;diences et de sensibilit&eacute;s culturelles et politiques diff&eacute;rentes, pour tenter de jeter entre elles des passerelles susceptibles de renforcer la coh&eacute;sion et la solidarit&eacute; de toutes les composantes de la grande communaut&eacute; genevoise.<\/p>\n<p>Les &eacute;changes et les discussions qui ont d&eacute;j&agrave; commenc&eacute; et qui vont se succ&eacute;der au cours des prochains jours, sont sans doute li&eacute;s &agrave; des &eacute;v&eacute;nements qui dominent l&#8217;actualit&eacute;. Ils s&#8217;inscrivent toutefois dans une tradition bien genevoise. Ils sont en effet le reflet et la traduction parfaite de ce qu&#8217;on appelle &laquo;l&#8217;esprit de Gen&egrave;ve&raquo;. C&#8217;est-&agrave;-dire cette conviction profonde que Gen&egrave;ve, humaniste et humanitaire, par-del&agrave; sa tradition europ&eacute;enne et chr&eacute;tienne bien enracin&eacute;e est consciente et attache une grande importance &agrave; sa vocation universaliste. C&#8217;est l&agrave; en effet, o&ugrave; des hommes d&#8217;ici et venus d&#8217;ailleurs tentent de d&eacute;montrer par une cohabitation presque harmonieuse et exemplaire, qu&#8217;un monde meilleur n&#8217;est pas une illusion de l&#8217;esprit, une utopie, le fantasme de quelques intellectuels r&ecirc;veurs ne mordant pas dans la r&eacute;alit&eacute;. Le monde de demain sera sans aucun doute la Gen&egrave;ve d&#8217;aujourd&#8217;hui. C&#8217;est-&agrave;-dire un monde fraternel, multiculturel et multireligieux, tol&eacute;rant et pacifique, permettant &agrave; des hommes de diff&eacute;rentes origines, de vivre dans la convivialit&eacute; et dans le respect de la diversit&eacute; culturelle et des lois de la R&eacute;publique.<\/p>\n<p>Quoi de plus l&eacute;gitime et de plus naturel que les musulmans de Gen&egrave;ve, citoyens de ce pays ou r&eacute;sidents temporaires, se voient, dans ces moments p&eacute;nibles et difficiles, pouss&eacute;s par un &eacute;lan d&#8217;aller &agrave; la rencontre des non musulmans qu&#8217;ils c&ocirc;toient dans leur vie quotidienne, pour r&eacute;affirmer leur foi in&eacute;branlable dans le respect des valeurs et des principes de la R&eacute;publique, en proclamant tout haut leur souci de dissiper tout malentendu de nature &agrave; susciter sur eux, sinon une certaine suspicion, du moins quelques interrogations.<\/p>\n<p>Dans leur immense majorit&eacute;, les musulmans de Gen&egrave;ve, qu&#8217;ils soient d&#8217;origine arabe, turque, albanaise, kurde ou autres, ont vu le jour et grandi dans des Etats&ndash;s&eacute;culiers o&ugrave; la politique &eacute;chappe &agrave; la religion. Ils sont &eacute;galement issus de pays multiculturels et multireligieux dans lesquels, depuis des si&egrave;cles, la coexistence et le dialogue n&#8217;ont jamais &eacute;t&eacute; interrompus. Dans cette perspective, j&#8217;aimerais tout particuli&egrave;rement me r&eacute;f&eacute;rer &agrave; nos fr&egrave;res les chr&eacute;tiens d&#8217;Orient. Ces chr&eacute;tiens qui par leur g&eacute;nie et leur d&eacute;vouement ont contribu&eacute; &agrave; l&#8217;&eacute;dification de notre grande civilisation musulmane et dont le r&ocirc;le, &agrave; l&#8217;&eacute;poque de la &laquo;nahda&raquo; et &agrave; l&#8217;&eacute;poque contemporaine, a &eacute;t&eacute; d&eacute;terminant dans notre tentative de surmonter les difficult&eacute;s auxquelles nous sommes confront&eacute;es. Certains d&#8217;entre eux ont choisi ce soir de s&#8217;associer &agrave; notre d&eacute;marche, et je tiens &agrave; saluer leur pr&eacute;sence.<\/p>\n<p>Les chr&eacute;tiens d&#8217;Orient, &eacute;prouvent aujourd&#8217;hui, comme nous tous un grand sentiment de soulagement. L&#8217;affrontement entre l&#8217;Islam et la Chr&eacute;tient&eacute; n&#8217;a pas eu lieu. Je ne reviendrai pas sur la th&egrave;se du choc des civilisations, d&eacute;velopp&eacute;e par certains proph&egrave;tes du malheur. La guerre d&eacute;clench&eacute;e contre l&#8217;Irak, apr&egrave;s celle dirig&eacute;e contre l&#8217;Afghanistan, par une administration am&eacute;ricaine de plus en plus envahie par la religiosit&eacute; et utilisant des concepts religieux, pour justifier ses entreprises militaires, risquait de mettre le feu aux poudres, dans la mesure o&ugrave; elle pouvait para&icirc;tre comme une nouvelle croisade contre l&#8217;Islam. Or, fort heureusement, tout a &eacute;t&eacute; mis en &oelig;uvre pour que cette catastrophe plan&eacute;taire ne se produise pas.<\/p>\n<p>Une place privil&eacute;gi&eacute;e doit &ecirc;tre r&eacute;serv&eacute;e dans cette heureuse &eacute;volution aux &eacute;glises chr&eacute;tiennes de toutes confessions et au r&ocirc;le jou&eacute; par le Pape Jean Paul II, auquel il convient de rendre un vibrant hommage. Le m&eacute;rite revient &eacute;galement &agrave; l&#8217;Allemagne et &agrave; la France, les deux principaux phares de la culture et de la civilisation occidentale et chr&eacute;tienne. Ces deux nations autrefois colonialistes et imp&eacute;rialistes, devenues alli&eacute;es, apr&egrave;s des si&egrave;cles d&#8217;affrontements fratricides, en s&#8217;opposant &agrave; la guerre, ont marqu&eacute; tr&egrave;s nettement leurs intentions de se d&eacute;tourner de la puissance, ou plus exactement de se diriger vers un au-del&agrave; de la puissance, vers un monde distinct du pr&eacute;c&eacute;dent, o&ugrave; r&egrave;gne la loi, la n&eacute;gociation entre les nations. L&#8217;objectif &eacute;tant d&#8217;acc&eacute;der par cette nouvelle approche au paradis post-historique o&ugrave; tout n&#8217;est qu&#8217;apaisement et prosp&eacute;rit&eacute;, comme le pr&eacute;voit l&#8217;id&eacute;al kantien de &laquo;paix perp&eacute;tuelle&raquo;.<\/p>\n<p>Dans le refus de la guerre comme solution aux conflits, les gouvernements de la France, de l&#8217;Allemagne, de la Belgique et les Eglises toutes confondues, ont re&ccedil;u l&#8217;appui massif et actif de la &laquo;Soci&eacute;t&eacute; civile mondiale&raquo;. Des millions de gens, en Asie, en Europe, en Afrique, dans les deux Am&eacute;riques, sont descendus dans la rue pour exprimer leur attachement &agrave; la paix et leur rejet du syst&egrave;me international actuel, consid&eacute;r&eacute; comme unipolaire et soumis &agrave; l&#8217;h&eacute;g&eacute;monie d&#8217;une seule et grande puissance. Les personnes qui se rattachent &agrave; cette soci&eacute;t&eacute; globale en voie de formation, plaident pour la mise en avant de valeurs multiculturelles, pour une aide concr&egrave;te &agrave; la d&eacute;mocratie et par une reconnaissance de sa sup&eacute;riorit&eacute; sur tout ce qui peut diviser les &ecirc;tres humains.<\/p>\n<p>Dans notre monde post-moderne, marqu&eacute; entre autres par la crise de la souverainet&eacute;, le retour du religieux et l&#8217;&eacute;conomie mondialis&eacute;e, le salut de l&#8217;humanit&eacute; repose sur l&#8217;imp&eacute;rieuse n&eacute;cessit&eacute; d&#8217;&eacute;laborer une th&eacute;orie politique de la coexistence. Vivre ensemble suppose un espace de vie commun, dans le contexte d&#8217;une histoire accept&eacute;e, de valeurs partag&eacute;es et de r&egrave;gles juridiques assur&eacute;es. Il est vrai que le monde se pr&eacute;sente actuellement comme une juxtaposition d&#8217;entit&eacute;s politiques souveraines et autonomes, voire de civilisations ou de cultures distinctes, entra&icirc;nant des guerres identitaires ou des appr&eacute;ciations divergentes des grands Etats, &agrave; propos des enjeux plan&eacute;taires.<\/p>\n<p>Toutefois, tout tend &agrave; d&eacute;montrer que le monde serait de plus en plus une &laquo;Soci&eacute;t&eacute; monde&raquo;, dans laquelle les probl&egrave;mes sont communs &agrave; tous les citoyens, &agrave; tous les locataires de l&#8217;univers. Les valeurs et les aspirations au progr&egrave;s et &agrave; la modernit&eacute; sont universelles. Que l&#8217;on songe aux droits de la personne humaine, &agrave; la d&eacute;mocratie, &agrave; la mondialisation ou enfin &agrave; la protection de l&#8217;environnement et &agrave; la paix. Une paix qui ne r&eacute;sulterait pas du triomphe de la force et du fait accompli impos&eacute; par la violence, mais par l&#8217;&eacute;tablissement d&#8217;une d&eacute;mocratie mondiale, forg&eacute;e par la mise notamment en place d&#8217;institutions et de citoyennet&eacute; mondiale.<\/p>\n<p>Libert&eacute; et universalit&eacute; sont incontestablement au c&oelig;ur du grand mouvement de r&eacute;veil du monde musulman qui marque le d&eacute;but de 21&egrave;me si&egrave;cle. Ce r&eacute;veil est spirituel dans la mesure o&ugrave; les musulmans cherchent &agrave; retrouver leurs racines profondes qui sont &agrave; la base des valeurs morales et de l&#8217;&eacute;thique qui guident leur comportement. Il est &eacute;galement d&#8217;ordre social et politique. Dans leur d&eacute;termination de secouer le joug d&#8217;une oppression qui continue de les maintenir dans un &eacute;tat d&#8217;asservissement permanent, le combat des musulmans se situe dans le grand mouvement de contestation mondial, appelant &agrave; l&#8217;instauration d&#8217;un ordre plus &eacute;quilibr&eacute; et plus juste. Leurs revendications ne sont pas diff&eacute;rentes de celles des autres peuples opprim&eacute;s qui professent d&#8217;autres religions.<\/p>\n<p>L&#8217;Islam constitue-t-il une menace pour la d&eacute;mocratie? La question me para&icirc;t d&#8217;une grande absurdit&eacute;. H&eacute;las, dans le contexte d&#8217;une Islamophobie qui prend de plus en plus d&#8217;ampleur, certains esprits chagrins tendent &agrave; d&eacute;velopper des th&egrave;ses selon lesquelles l&#8217;Islam et sa pr&eacute;tendue sp&eacute;cificit&eacute; seraient le principal obstacle &agrave; la modernisation, &agrave; la d&eacute;mocratisation des soci&eacute;t&eacute;s o&ugrave; cette religion est majoritairement implant&eacute;e. L&#8217;Islam, se demande ces personnes, est-il capable d&#8217;admettre la pens&eacute;e lib&eacute;rale sans perdre sa propre essence? Comment le souci de maintenir &agrave; tout prix l&#8217;unit&eacute; de la communaut&eacute; peut-il s&#8217;accommoder du pluralisme de l&#8217;expression politique? Comment le credo du primat de la norme divine peut-il se concilier avec celui du primat de la volont&eacute; populaire?<\/p>\n<p>Comment ne pas d&eacute;plorer la confusion qui r&eacute;sulte de l&#8217;acharnement de certains &agrave; m&ecirc;ler credo et histoire, lorsqu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;&eacute;voquer les pays de l&#8217;Orient islamique? Cette habitude f&acirc;cheuse de centrer les &eacute;tudes et les analyses des soci&eacute;t&eacute;s islamiques sur la religion n&#8217;est pas un ph&eacute;nom&egrave;ne nouveau. Autrefois, ceux qu&#8217;on appelle les orientalistes tentaient de trouver dans les croyances et valeurs spirituelles des musulmans, l&#8217;explication au refus de ces derniers de renoncer &agrave; leur ind&eacute;pendance et &agrave; leur sp&eacute;cificit&eacute; culturelle menac&eacute;e par la colonisation. Aujourd&#8217;hui certains milieux s&#8217;acharnent &agrave; attribuer la violence des groupes marginaux qui se r&eacute;clament de l&#8217;Islam, &agrave; l&#8217;essence de la foi musulmane elle-m&ecirc;me. L&#8217;Islam, en tant que tel est rendu responsable de l&#8217;&eacute;chec de la modernit&eacute; et de repr&eacute;senter une menace pour la d&eacute;mocratie. Dans son remarquable livre &laquo;La nouvelle islamophobie&raquo;, Vincent Geisser &eacute;crit : &laquo;En insistant sur un pr&eacute;tendu Islam conqu&eacute;rant qui constitue d&#8217;apr&egrave;s eux une r&eacute;elle menace pour les valeurs de la modernit&eacute; et de la civilisation, ils sont interpell&eacute;s par un Islam qui est le produit de leur imagination, mis au service d&#8217;un combat id&eacute;ologique douteux, qui n&#8217;a aucun rapport avec l&#8217;Islam v&eacute;cu et les musulmans ordinaires&raquo;.<\/p>\n<p>Dans son remarquable ouvrage &laquo;L&#8217;Orient cr&eacute;&eacute; par l Occident&raquo; l&#8217;intellectuel palestinien Edouard Sa&iuml;d s&#8217;interrogeait sur le cr&eacute;dit qu&#8217;il fallait accorder aux discours de certains occidentaux tendant &agrave; fabriquer un monde et un espace arabo musulman pseudo immuable selon leur imaginaire mais r&eacute;pondant &agrave; des int&eacute;r&ecirc;ts douteux : la perp&eacute;tuation de sa domination sur lui.<\/p>\n<p>D&#8217;o&ugrave; vient cette id&eacute;e si r&eacute;pandue que les musulmans auraient constamment v&eacute;cu dans les temps pr&eacute;-modernes au sein de syst&egrave;mes o&ugrave; le religieux et la politique sont totalement fusionn&eacute;s. La r&eacute;alit&eacute;, nous le savons, est tout &agrave; fait autre. Jacques Berque, dont le s&eacute;rieux et l&#8217;objectivit&eacute; sont unanimement reconnus a &eacute;crit : &laquo;je d&eacute;fie que l&#8217;on trouve une p&eacute;riode quelconque o&ugrave; un faqih, c&#8217;est-&agrave;-dire un sp&eacute;cialiste du droit musulman ait &eacute;t&eacute; au pouvoir. Ne furent des faqihs, ni les califes omeyyades, ni les califes abbassides, ni les sultans ottomans. Certes la religion en tant que fondement de valeurs spirituelles et morales occupe une place privil&eacute;gi&eacute;e. Toutefois l&#8217;ordre politique lui &eacute;chappe totalement. On sait que cette structure du pouvoir en Islam avait tellement frapp&eacute; l&#8217;Empereur Fr&eacute;d&eacute;ric de Hohenstaufen, que ce dernier n&#8217;avait pas h&eacute;sit&eacute; &agrave; se rendre en Orient pour la d&eacute;couvrir et se familiariser avec ses multiples aspects et ses nombreuses implications.<\/p>\n<p>Certains r&eacute;formateurs &agrave; la fin du 19&egrave;me si&egrave;cle et au d&eacute;but du 20&egrave;me n&#8217;ont pas h&eacute;sit&eacute; &agrave; affirmer que l&#8217;Islam est par essence la&iuml;que et rationaliste ; cette religion ayant rejet&eacute; d&#8217;embl&eacute;e toute tentative de sacraliser une autorit&eacute; ou un comportement, m&ecirc;me ceux du Proph&egrave;te. On retiendra parmi ces r&eacute;formateurs le nom de l&#8217;Egyptien Ali-Abdel Razik (1886-1966). Dans son livre &laquo;L&#8217;Islam et les fondements du pouvoir&raquo;, cet &eacute;l&egrave;ve de la prestigieuse Universit&eacute; islamique du Caire Al L-Azhar a tent&eacute; de d&eacute;montrer &agrave; partir d&#8217;une analyse des textes sacr&eacute;s et des traditions du Proph&egrave;te, que l&#8217;Islam comme toutes les religions est d&#8217;abord du spirituel et que toute tentative de le confondre avec l&#8217;ordre temporel ob&eacute;it &agrave; des pr&eacute;occupations suspectes.<\/p>\n<p>Il convient de noter que les Etats arabes et musulmans, n&eacute;s de la d&eacute;colonisation, se sont empress&eacute;s pour acc&eacute;l&eacute;rer le processus de modernisation de leur soci&eacute;t&eacute; respective, d&#8217;adopter des syst&egrave;mes politiques et des constitutions inspir&eacute;es du mod&egrave;le europ&eacute;en. Ces institutions ont excellemment fonctionn&eacute; et m&ecirc;me les partis islamiques ont pu s&#8217;en accommoder, sans chercher &agrave; les contester. Malheureusement la marche vers la modernit&eacute;, la d&eacute;mocratie et la la&iuml;cit&eacute; a &eacute;t&eacute; interrompue par l&#8217;ing&eacute;rence des grandes puissances dans les affaires int&eacute;rieures de la r&eacute;gion.<\/p>\n<p>Rien, ni dans la doctrine, ni dans l&#8217;exp&eacute;rience historique ne prouve que l&#8217;Islam soit incompatible avec la d&eacute;mocratie ou qu&#8217;il constitue une menace pour les r&eacute;gimes d&eacute;mocratiques. La d&eacute;mocratie, disait Pierre Mend&egrave;s France, ne se limite pas au pluralisme politique, au r&eacute;gime parlementaire, au dynamisme de la soci&eacute;t&eacute; civile. Elle suppose &eacute;galement l&#8217;int&eacute;gration dans la communaut&eacute; nationale de l&#8217;autre, du diff&eacute;rent et le respect de son identit&eacute; et de sa culture. Or la force essentielle de l&#8217;Islam est son universalit&eacute;. L&#8217;Orientaliste Bernard Lewis ne s&#8217;est pas emp&ecirc;ch&eacute; de reconna&icirc;tre que l&#8217;Islam a r&eacute;ussi &agrave; secr&eacute;ter une des plus brillantes civilisations que l&#8217;humanit&eacute; a connue depuis l&#8217;aube de l&#8217;Histoire. Une civilisation, &eacute;crit-il, &laquo;mondiale, pluriethnique, internationale et l&#8217;on pourrait dire m&ecirc;me transcontinentale, qui a accueilli les juifs et qui a assur&eacute; &agrave; ses minorit&eacute;s ethniques et religieuses une enti&egrave;re libert&eacute; d&#8217;exercer leurs cultes, de garder leurs traditions linguistiques et culturelles, ainsi que de s&#8217;&eacute;panouir sur le plan &eacute;conomique et social&raquo;.<\/p>\n<p>Les &eacute;v&eacute;nements du 11 septembre 2001 ne peuvent en aucun cas &ecirc;tre situ&eacute;s dans cette belle tradition humaniste, glorifi&eacute;e par un homme qui n&#8217;est pas n&eacute;cessairement un ami des musulmans. M&ecirc;me si ceux qui les revendiquent, recourent pour les besoins de la propagande et de la mobilisation &agrave; la rh&eacute;torique religieuse, ces attaques ont des causes structurelles. Elles ont &eacute;t&eacute; nourries par la mondialisation et par une politique &eacute;trang&egrave;re au Moyen Orient, ne tenant pas compte des aspirations des peuples de cette r&eacute;gion, notamment du peuple palestinien.<\/p>\n<p>Cette analyse est partag&eacute;e par la majorit&eacute; des &eacute;lites europ&eacute;ennes et par de plus en plus de responsables am&eacute;ricains. Dans un document intitul&eacute; &laquo;l&#8217;heure du changement a sonn&eacute;&raquo;, vingt six personnalit&eacute;s am&eacute;ricaines ont tenu &agrave; remettre les probl&egrave;mes dans leur r&eacute;elle perspective. Les Etats-Unis, &eacute;crivent-ils, souffrent d&#8217;une identification aux r&eacute;gimes autocratiques du monde musulman et d&#8217;une image de soutien inconditionnel &agrave; la politique et aux actions du gouvernement isra&eacute;lien actuel. Pour accro&icirc;tre notre cr&eacute;dibilit&eacute; face aux peuples musulmans, nous devons accomplir des efforts courageux, &eacute;nergiques et &eacute;quilibr&eacute;s afin d&#8217;&eacute;tablir la paix entre les Isra&eacute;liens et les Palestiniens, ainsi que promouvoir une politique qui encourage des r&eacute;formes d&eacute;mocratiques.<\/p>\n<p>Mais l&#8217;initiative de l&#8217;apaisement et du bon sens revient &agrave; la Suisse, &agrave; sa diplomatie et tout particuli&egrave;rement &agrave; Mme Micheline Calmy Rey. En s&#8217;empressant d&#8217;apporter son appui &agrave; l&#8217;initiative de Gen&egrave;ve et en encourageant les hommes de bonne volont&eacute; &agrave; se rencontrer et &agrave; discuter pour trouver une solution pacifique au drame qui les d&eacute;chire, la Suisse s&#8217;est montr&eacute;e &agrave; la hauteur des &eacute;v&eacute;nements. Plut&ocirc;t que de c&eacute;der &agrave; la panique, &agrave; la parano&iuml;a et de verser dans un anti-islamisme primaire, la Suisse a mis tout son poids dans la balance pour s&#8217;attaquer &agrave; la racine des probl&egrave;mes. Quelle maturit&eacute; politique ! Quelle lucidit&eacute; ! Et surtout quelle le&ccedil;on de courage et de solidarit&eacute;. La crise qui s&eacute;vit actuellement entre une partie du monde occidental et le monde musulman est de nature politique et &eacute;conomique et non religieuse ou philosophique. Sa solution r&eacute;side moins dans la pr&eacute;tention d&#8217;une des deux parties &agrave; imposer sa domination sur l&#8217;autre, que dans leur d&eacute;termination commune de trouver les moyens d&#8217;abattre le mur d&#8217;incompr&eacute;hension et de m&eacute;fiance qui les s&eacute;pare.<\/p>\n<p>Je ne voudrais pas terminer sans rendre hommage aux musulmans de Gen&egrave;ve et de toute la Suisse. On y trouve des diplomates, des fonctionnaires internationaux, des membres de profession lib&eacute;rale, m&eacute;decins, ing&eacute;nieurs et avocats, des banquiers, des h&ocirc;teliers, des joailliers, des chefs d&#8217;entreprise sans oublier les nombreux ouvriers et artisans. Il y a &eacute;galement parmi eux des d&eacute;put&eacute;s et des conseillers municipaux. Nourris d&eacute;j&agrave; chez eux par une certaine admiration pour l&#8217;Helv&eacute;tie, &agrave; travers leurs lectures sur un Guillaume Tell, un Jean-Jacques Rousseau et un Jean Calvin, ils aiment leur pays d&#8217;adoption et contribuent par leur travail &agrave; sa prosp&eacute;rit&eacute; et &agrave; son bien-&ecirc;tre. Loin de repr&eacute;senter une quelconque menace pour la d&eacute;mocratie, ces musulmans, par un apport original et f&eacute;cond constituent un enrichissement, un atout consid&eacute;rable pour le d&eacute;veloppement et la consolidation des valeurs tenant au respect des libert&eacute;s individuelles et de la personne humaine en g&eacute;n&eacute;ral.<\/p>\n<p>Contribution &agrave; la Tente du dialogue<br \/><strong>Fondation Cordoue<\/strong><br \/>Gen&egrave;ve, 26 juin 2004<br \/>{\/slider}<em><\/em><\/p>\n<p><span style=\"color: #902323; font-size: 13px;\"><strong>L&#8217;Islam, est-il compatible avec les droits de l&#8217;homme ?<\/strong><\/span><br \/><span style=\"font-size: 11px;\"><strong>Haytham Manna<\/strong>, Porte-parole de la Commission arabe des droits humains<\/span><br \/>{slider=Lire l&#8217;article}<br \/>La naissance et l&#8217;&eacute;laboration d&#8217;une religion monoth&eacute;iste cr&eacute;ent des liens communs entre le droit divin et le droit positif. En revanche, derri&egrave;re l&#8217;&eacute;mergence des id&eacute;es de droits de l&#8217;homme, il y a en filigrane le principe de la s&eacute;paration du droit divin et du droit humain sans que cette s&eacute;paration entra&icirc;ne forc&eacute;ment une contradiction ou un rapport conflictuel. L&#8217;histoire de la r&eacute;volution fran&ccedil;aise et le conflit entre l&#8217;&eacute;glise et les figures de la d&eacute;claration des droits de l&#8217;homme et du citoyen de 1789 ont sans doute install&eacute; un climat de m&eacute;fiance entre droits humains et droits divins. Mais les droits humains ne sont pas exclusivement issus de l&#8217;exemple fran&ccedil;ais. Dans la litt&eacute;rature am&eacute;ricaine, la question du conflit entre le religieux et le droit positif n&#8217;a presque pas droit de cit&eacute;. Le monde musulman n&#8217;a pas pris position contre la d&eacute;claration universelle des droits de l&#8217;Homme. Le seul Etat musulman &agrave; ne pas voter la DUDH fut l&#8217;Arabie Saoudite qui a choisi, comme l&#8217;Union sovi&eacute;tique, de s&#8217;abstenir. Mais que repr&eacute;sente le wahhabisme pour plus d&#8217;un milliard de musulmans?<\/p>\n<p>En g&eacute;n&eacute;ral, le religieux nous parle de l&#8217;&eacute;ternel, de l&#8217;absolu et du sacr&eacute; ; alors que l&#8217;humain &eacute;voque la faiblesse, l&#8217;inach&egrave;vement et la relativit&eacute;. La plupart des religions &eacute;tablissent le pont n&eacute;cessaire entre ces deux dimensions &agrave; travers le concept de d&eacute;pendance humaine &agrave; l&#8217;&eacute;gard de la divinit&eacute;. Celle-ci fait de l&#8217;homme un &ecirc;tre mineur, tandis que les premiers d&eacute;fenseurs des droits de l&#8217;homme font de l&#8217;ind&eacute;pendance de la personne le fondement de leur projet.<\/p>\n<p>Les droits de l&#8217;homme n&#8217;ont pas &agrave; &ecirc;tre consid&eacute;r&eacute;s comme une religion et encore moins comme une id&eacute;ologie. Il s&#8217;agit d&#8217;une charte propos&eacute;e par des hommes et des femmes de diff&eacute;rents pays, de diff&eacute;rentes couleurs et religions, &agrave; un moment donn&eacute; de l&#8217;histoire de l&#8217;humanit&eacute;. Cette charte n&#8217;a heureusement pas la force du sacr&eacute;. Par cons&eacute;quent, elle est n&eacute;cessairement soumise &agrave; une &eacute;volution et reste par d&eacute;finition un projet inachev&eacute;. La question de la religion est tout &agrave; fait diff&eacute;rente. Son universalisme d&eacute;clar&eacute; n&#8217;abolit pas les fronti&egrave;res &eacute;tablies entre ceux qui sont dans la communaut&eacute; religieuse et ceux qui sont en dehors, mais elle est par essence pour la dignit&eacute; de l&#8217;&ecirc;tre humain. Dans le Coran, Allah a honor&eacute; Bani Adam, musulmans et non-musulmans.<\/p>\n<p>L&#8217;id&eacute;ologisation de la religion telle qu&#8217;on peut l&#8217;observer aussi bien chez les ultranationalistes juifs et les chauvins hindous, ne saurait constituer quelque apport constructif que ce soit dans la sph&egrave;re publique o&ugrave; des droits universels de la personne. Contrairement &agrave; ce que Ihsan Hamis Al-Mafregy avance, tous ceux qui ont confirm&eacute; que &#8220;l&#8217;islam est une id&eacute;ologie bien plus qu&#8217;une religion&#8221; (1) ont v&eacute;ritablement fait obstacle &agrave; l&#8217;&eacute;volution naturelle d&#8217;un concept des droits de la personne digne de l&#8217;Islam, de l&#8217;&ecirc;tre humain et de notre &eacute;poque.<\/p>\n<p>On ne le dira jamais assez : depuis la mort du Proph&egrave;te, il n&#8217;est plus possible de parler d&#8217;un islam au singulier, sauf pour exprimer notre approche subjective de ce que nous consid&eacute;rons &agrave; titre personnel comme l&#8217;islam. Les orientations de l&#8217;islam et les interpr&eacute;tations qu&#8217;on en a donn&eacute;es sont si nombreuses que nous sommes oblig&eacute;s de proc&eacute;der avec sch&eacute;matisme pour couvrir notre champ conceptuel. Champ dont la diversit&eacute; est &agrave; la mesure de l&#8217;extension g&eacute;ographique de l&#8217;islam et du nombre des cultures que celui-ci a d&ucirc; assimiler. Et on peut dire sans h&eacute;sitation, il y a des Islams compatibles avec les droits humains et des Islams qui ne sont pas.<\/p>\n<p>Al-Kawakibi n&#8217;a pas revendiqu&eacute; une lecture islamique des libert&eacute;s fondamentales, et Ahmad Amin n&#8217;a pas dit que sa vision de l&#8217;histoire est islamique. C&#8217;est le mouvement politique islamique qui a insist&eacute; sur la nomination formaliste de l&#8217;Islam. Ce qui a donn&eacute; dans les ann&eacute;es des id&eacute;ologies d&#8217;urgence une approche conflictuelle entre l&#8217;Islam et les droits humains.<\/p>\n<p>Dans son &eacute;tude &#8220;L&#8217;islam et les droits de l&#8217;homme&#8221; (2), Al-Mafregy nous donne un exemple de l&#8217;influence exerc&eacute;e par les islamistes sur les &eacute;tudes qui touchent &agrave; la religion musulmane. Son point de d&eacute;part m&eacute;thodologique est une illustration de l&#8217;approche fondamentaliste : &#8220;L&#8217;islam, dit-il, ne traite pas l&#8217;homme isol&eacute; de ses semblables ou d&eacute;pouill&eacute; de sa nature, mais vise l&#8217;homme dans sa totalit&eacute;, c&#8217;est-&agrave;-dire dans toutes ses aspirations d&#8217;ordre &eacute;conomique, social, culturel et spirituel&#8221; (3).<\/p>\n<p>Souscrire &agrave; cette approche, signifie s&#8217;enfermer dans un discours id&eacute;ologique r&eacute;ductionniste. L&#8217;auteur, comme on l&#8217;a signal&eacute; plus haut, consid&egrave;re que l&#8217;islam est bien plus une id&eacute;ologie qu&#8217;une religion. Sa r&eacute;f&eacute;rence oblig&eacute;e &agrave; Ibn Arabi et &agrave; d&#8217;autres &#8220;esprits ouverts&#8221; ne cache pas une certaine contradiction entre le concept de l&#8217;homme &#8220;esclave&raquo; de Dieu et l&#8217;homme parfait du soufisme. Les limites de la d&eacute;finition traditionnelle de la libert&eacute; sont camoufl&eacute;es par des g&eacute;n&eacute;ralit&eacute;s telles que : &#8220;l&#8217;Etat musulman doit permettre &agrave; chacun de jouir de sa libert&eacute; sans empi&eacute;ter sur celle des autres&#8221;(4), &#8220;l&#8217;islam a pu concilier les exigences de sa loi et la libert&eacute; de l&#8217;individu&#8221; (5).<\/p>\n<p>Cependant, notre auteur est moins ambigu sur la question du droit &agrave; la vie. Il soutient que &#8220;le talion est un droit de l&#8217;homme parce que le meurtre a port&eacute; atteinte &agrave; la vie&#8221;. L&agrave; il se s&eacute;pare compl&egrave;tement d&#8217;Ibn Arabi, un des premiers abolitionnistes de l&#8217;histoire de l&#8217;humanit&eacute;. Quant au ch&acirc;timent corporel, son point de vue est celui de l&#8217;auteur du &#8220;Code P&eacute;nal en Islam&#8221; l&#8217;egyptien Abdul Kadir Audeh (ex&eacute;cut&eacute; par Nasser en 1955) et du fondateur du premier groupe islamiste au Pakistan, Al-Mawdoudi. La question de la femme n&#8217;est pas non plus mieux abord&eacute;e. Ainsi, nous nous trouvons devant une lecture occidentalis&eacute;e de l&#8217;id&eacute;ologie islamique, plut&ocirc;t que face &agrave; un islam ouvert aux grands principes universels de notre temps.<\/p>\n<p>Cet exemple nous aura permis de montrer les limites de certaines tentatives faites pour justifier une approche tr&egrave;s id&eacute;ologique de l&#8217;islam &agrave; travers une relecture des principaux droits de la personne, sur lesquels les fondamentalistes jettent un nouveau jour.<\/p>\n<p>Dans son &eacute;tude : &#8220;La pens&eacute;e islamique et les droits de l&#8217;homme entre l&#8217;id&eacute;al et la r&eacute;alit&eacute;&#8221;, Nasr Hamed Abu Zeid r&eacute;pond indirectement aussi bien &agrave; Al-Mafregy qu&#8217;&agrave; Mohammed Al-Ghazali (6). Il rappelle que l&#8217;islam recouvre, entre autres, la th&eacute;ologie rationaliste des Mu&#8217;tazilites, la philosophie musulmane, le soufisme et la jurisprudence traditionaliste. Il soutient qu&#8217;une approche objective n&eacute;cessite une lib&eacute;ralisation du savoir qui mette fin &agrave; la mainmise des ap&ocirc;tres de la manipulation id&eacute;ologique de l&#8217;islam.<\/p>\n<p>Contrairement &agrave; l&#8217;approche fondamentaliste, l&#8217;universitaire soudanais Abdullahi An-Na&#8217;im n&#8217;h&eacute;site pas &agrave; lever des tabous et aborder la question sous l&#8217;angle r&eacute;volutionnaire de son ma&icirc;tre le grand r&eacute;formateur soudanais Mahmoud Mohamed Taha. &#8220;Tant que la loi islamique moderne n&#8217;abandonnera pas son fondement coranique compl&eacute;t&eacute; par les hadiths, on ne peut &eacute;viter les violations graves des droits universels de l&#8217;homme. Le respect de la chari&#8217;a ne peut admettre l&#8217;abolition de l&#8217;esclavage ou l&#8217;&eacute;limination de toutes formes de discrimination &agrave; l&#8217;&eacute;gard des femmes&#8221; (7). Selon An-Na&#8217;im, l&#8217;islam de M&eacute;dine a jou&eacute; son r&ocirc;le historique. Il ne peut &ecirc;tre une r&eacute;f&eacute;rence juridique et socio-politique pour notre &eacute;poque. C&#8217;est l&#8217;islam universel, celui de la Mecque, marqu&eacute; par la tol&eacute;rance et qui a prosp&eacute;r&eacute; loin de l&#8217;&eacute;tat d&#8217;exception qu&#8217;ont connu les Musulmans &agrave; M&eacute;dine, qui traverse le temps comme mod&egrave;le de tol&eacute;rance, de fraternit&eacute; et de libert&eacute; en mati&egrave;re de croyance. Taha et An-Na&#8217;im expriment une approche originale et nouvelle de l&#8217;islam qui concilie la charte internationale des droits de l&#8217;homme et le Coran. Jamal al-Banna suit cet exemple avec le principe du renouveau de la jurisprudence islamique.<\/p>\n<p>Ces deux exemples nous montrent la diff&eacute;rence entre ceux qui se cantonnent dans le cadre de la tradition orthodoxe et ceux qui tentent d&#8217;ouvrir le chemin d&#8217;Al-ijtihad (l&#8217;effort intellectuel ).<\/p>\n<p>Les progr&egrave;s d&#8217;un mouvement des droits de l&#8217;homme en terre d&#8217;islam et la mont&eacute;e parall&egrave;le de l&#8217;islamisme constituent un sujet de choix pour certains universitaires. C&#8217;est le cas de Mohammed Arkoun qui fut l&#8217;un des premiers en France &agrave; &eacute;voquer le probl&egrave;me. Dans un article qui date de 1980, Mohammed Arkoun (8) pr&eacute;cise les grandes lignes de sa fa&ccedil;on d&#8217;envisager la question : &#8220;Il serait trop facile de dire par exemple : mais oui, en islam, tout est garanti. On pourrait citer le Coran, les paroles du proph&egrave;te, des autorit&eacute;s musulmanes qui se sont exprim&eacute;s sur le sujet de fa&ccedil;on ferme et novatrice. &#8211; Il faut se garder de rejeter sur l&#8217;islam la responsabilit&eacute; des atteintes aux droits de l&#8217;homme qu&#8217;on peut observer dans tel r&eacute;gime ou tel pays dit &#8220;musulman&#8221;. &#8211; La notion d&#8217;un droit rattach&eacute; &agrave; la rationalit&eacute; humaine est une d&eacute;finition id&eacute;aliste. Le droit, comme le dit Marx, est le produit d&#8217;un rapport de force. &#8211; Le droit est l&#8217;expression d&#8217;un groupe qui a pris le pouvoir et on le qualifie ensuite de droit religieux, de droit sacr&eacute;. &#8211; Il faudrait reposer le probl&egrave;me du droit de la personne tel qu&#8217;il a &eacute;t&eacute; d&eacute;fini dans chacune des trois traditions monoth&eacute;istes. Dans une &eacute;tude critique, &agrave; la fois historique et philosophique, il faudrait comprendre comment la notion des droits religieux a pu fonctionner dans un cadre social et culturel d&eacute;termin&eacute; et comment cette notion ne peut plus fonctionner dans le cadre de nos soci&eacute;t&eacute;s industrialis&eacute;es, informatis&eacute;es, rationalis&eacute;es sous l&#8217;empire de la raison que nous appelons scientifique et qui est, elle-m&ecirc;me, bien s&ucirc;r &agrave; critiquer &#8221; (9).<\/p>\n<p>Apr&egrave;s le trouble suscit&eacute; par l&#8217;affaire Rushdie, Mohamed Arkoun, &agrave; la recherche d&#8217;une approche de &#8220;conciliation historique&#8221;, soutient en 1992 que l&#8217;instauration d&#8217;un terrain d&#8217;entente et d&#8217;une pens&eacute;e &eacute;labor&eacute;e dans le cadre de l&#8217;islam susceptibles de faire cohabiter les contributions positives de la la&iuml;cit&eacute; et les grandes valeurs de la religion est une t&acirc;che essentielle, possible mais de longue haleine (10). L&#8217;analyse, selon Arkoun, doit se d&eacute;velopper dans deux directions : &#8220;1- Quelle est la port&eacute;e, aujourd&#8217;hui, d&#8217;un discours &#8220;islamique&#8221; sur les droits de l&#8217;homme (&#8230;)? 2 &#8211; Dans quelle direction philosophique peut-on et doit-on orienter la recherche des fondements et des garanties d&#8217;application des droits de l&#8217;homme, aujourd&#8217;hui?&#8221; (11).<\/p>\n<p>La position d&#8217;Arkoun est bas&eacute;e sur le renvoi dos &agrave; dos des religions traditionnelles et de ce qu&#8217;il appelle une religion civile qui incarne une vision occidentale des droits de l&#8217;homme. Si notre universitaire a bien &eacute;tudi&eacute; l&#8217;islam, sa connaissance de la mise en oeuvre th&eacute;orique et pratique des instruments internationaux des droits de l&#8217;homme para&icirc;t tr&egrave;s limit&eacute;e. Il tente de camoufler cette lacune en passant sous silence le processus de l&#8217;universalit&eacute; et de l&#8217;historicit&eacute; des droits de l&#8217;homme dans la culture occidentale. La force de la Charte internationale des droits de l&#8217;homme ne vient-elle pas de sa capacit&eacute; d&#8217;absorber un pluralisme philosophique et culturel n&eacute;cessaire pour &eacute;loigner toute tentative d&#8217;id&eacute;ologisation?<\/p>\n<p>Dans son article : &#8220;l&#8217;Islam et les droits de l&#8217;homme&#8221; (12), le chercheur &eacute;gyptien Mohamed Sayed Sa&iuml;d &eacute;voque la question d&#8217;une coh&eacute;rence n&eacute;cessaire entre une interpr&eacute;tation rationaliste et humaniste des textes islamiques et un syst&egrave;me contemporain des droits de l&#8217;homme. Le but serait de gagner la bataille pour le droit d&#8217;interpr&eacute;ter librement les textes et la reconstruction sociale de l&#8217;exp&eacute;rience religieuse. Pour lui, les textes sacr&eacute;s sont en parfaite concordance avec la vision contemporaine des droits de l&#8217;homme : l&#8217;unicit&eacute; de Dieu et l&#8217;unit&eacute; de la race des humains s&#8217;accordent en un message universel. Sayed Sa&iuml;d insiste sur les principes de la dignit&eacute;, de l&#8217;&eacute;galit&eacute; et de la justice, lesquels occupent dans la culture arabo-islamique la place de la libert&eacute; dans la civilisation occidentale ou de l&#8217;&eacute;galit&eacute; dans les mouvements socialistes. Il aborde la dimension institutionnelle et la recherche d&#8217;un &eacute;quilibre entre les droits et les devoirs (largo sensu car cet &eacute;quilibre touche aux sph&egrave;res spirituelle et s&eacute;culi&egrave;re).<\/p>\n<p>Il est toujours difficile d&#8217;&ecirc;tre &agrave; la fois dedans et dehors. Les propositions de M. Sa&iuml;d sont tr&egrave;s vagues et volontaristes, car la base du probl&egrave;me ne r&eacute;side point, &agrave; notre avis, dans les valeurs fondatrices mais dans l&#8217;exp&eacute;rience historique surcharg&eacute;e &agrave; la fois de dogmatisme et de dynamisme. La deuxi&egrave;me partie de son &eacute;tude en est une excellente illustration. Le rapport entre l&#8217;homme et le texte est &agrave; l&#8217;origine d&#8217;importants conflits intellectuels en islam. Les grandes tentatives de r&eacute;forme dans l&#8217;histoire des Musulmans ont pour principal enjeu la libert&eacute; d&#8217;interpr&eacute;tation du texte comme pr&eacute;texte &agrave; la lib&eacute;ralisation religieuse, seule capable de faire refluer le litt&eacute;ralisme dans l&#8217;approche du texte coranique. A la base ce cette libert&eacute; on trouve le principe d&#8217;Ibn Arabi &laquo;Sache que le sage parfait, droit et savant est celui qui traite chaque situation et moment comme il convient sans amalgame&raquo;(13)<\/p>\n<p>On peut dire, sans prendre trop de risques, que si l&#8217;histoire des id&eacute;es est li&eacute;e &agrave; l&#8217;histoire des hommes, celle de la jurisprudence islamique est essentiellement rattach&eacute;e &agrave; l&#8217;histoire des khalifes. De ce fait, une lecture humaniste de l&#8217;islam passe par une rupture intellectuelle avec les id&eacute;ologies du pouvoir socio-politique, autrement dit, par une rupture avec l&#8217;ob&eacute;issance aveugle &agrave; l&#8217;orthodoxie au pouvoir. Dans ce cadre, l&#8217;&eacute;laboration des approches r&eacute;formistes n&eacute;cessite forc&eacute;ment une critique de l&#8217;histoire politique en terre d&#8217;islam pour d&eacute;passer l&#8217;ancienne &eacute;cole du khalife Juste &agrave; celle des citoyens.<\/p>\n<p>Pour nous, le diff&eacute;rend entre les d&eacute;fenseurs des droits de l&#8217;homme et les fondamentalistes porte non pas sur la croyance et la conception du sacr&eacute;, mais sur la s&eacute;paration de la sph&egrave;re s&eacute;culi&egrave;re et de la sph&egrave;re juridique. Personne ne pose la question de la s&eacute;cularisation de l&#8217;islam alors que le probl&egrave;me des institutions dans les pays islamiques est primordiale. Ces institutions sont enti&egrave;rement l&#8217;oeuvre des hommes, et d&#8217;autres hommes sont par cons&eacute;quent capables de les amender. Heureusement, un grand nombre d&#8217;intellectuels islamistes soutient aujourd&#8217;hui notre principe de d&eacute;sacralisation de la sph&egrave;re politique. Ce qui signifie que l&#8217;identification politique &agrave; l&#8217;Islam ne constitue point une sup&eacute;riorit&eacute; suppos&eacute;e et une exclusion du pluralisme politique et id&eacute;ologique dans la soci&eacute;t&eacute;.<\/p>\n<p>Avec ou sans l&#8217;Islam, une structure &eacute;tatique autoritaire s&#8217;appuie n&eacute;cessairement sur une id&eacute;ologie autoritaire, si elle ne la produit pas. Les &#8220;oul&eacute;mas du despotisme&#8221;, pour emprunter l&#8217;expression du r&eacute;formateur Al-Kawakibi ont fait de l&#8217;homme ob&eacute;issant le paradigme du bon musulman et des r&eacute;volt&eacute;s des zindiqs. On ne peut d&eacute;gager de cette orientation des principes universels des droits de la personne. Sortir de l&#8217;h&eacute;ritage politique est une condition sine quoi non pour l&#8217;&eacute;laboration d&#8217;une vision islamique tr&egrave;s avanc&eacute;e de l&#8217;Homme et de l&#8217;histoire.<\/p>\n<p>C&#8217;est la vie qui a r&eacute;alis&eacute; les premiers pas vers cette ligne de d&eacute;marcation entre le pouvoir autoritaire, fut-il islamique, et les grands courants de la pens&eacute;e islamique de nos jours. Jour apr&egrave;s jour les Musulmans, victimes des violations innombrables des droits humains, se rapprochent des droits de l&#8217;Homme et deviennent des grands acteurs dans ce mouvement historique. Et ce &agrave; un moment ou plusieurs tendances religieuses non islamiques s&#8217;en &eacute;loignent. Il suffit de regarder vers les Etats Unis pour r&eacute;aliser que la question qu&#8217;on a pos&eacute; sur l&#8217;Islam doit l&#8217;&ecirc;tre sur tant d&#8217;autres.<\/p>\n<p><strong>Notes<\/strong><\/p>\n<ol>\n<li>Al-Mafregy, &#8220;L&#8217;Islam et les droits de l&#8217;homme.&#8221; In : Islam et droits de l&#8217;homme, textes pr&eacute;sent&eacute;s par Emmanuel Hirsch, Librairie des Libert&eacute;s, 1984, p.12.<\/li>\n<li>Ibid., pp. 11-49.<\/li>\n<li>Ibid., p.12<\/li>\n<li>Ibid., p.24<\/li>\n<li>Ibid., p.25<\/li>\n<li>Muhammed Al-Ghazali, Droits de l&#8217;homme entre les enseignements de l&#8217;Islam et ceux de l&#8217;ONU.<\/li>\n<li>Abdullahi An-Na&#8217;im, Vers l&#8217;&eacute;volution de la Chari&#8217;a islamique, Le Caire, Sina, 1994, (en arabe), p.226.<\/li>\n<li>Mohammed Arkoun, &#8220;Pratiques et garanties des droits de l&#8217;homme dans le monde islamique&#8221;, in Fraternit&eacute; d&#8217;Abraham, n&deg; 27, Juillet 1980. R&eacute;&eacute;dit&eacute; par Hirsch, op.cit. pp. 123-130.<\/li>\n<li>Arkoun, Hirsch, op.cit., p.130<\/li>\n<li>Arkoun M., Ouvertures sur l&#8217;Islam, J.Grancher, Paris, 1992.<\/li>\n<li>Ibid., p. 205-206.<\/li>\n<li>Mohamed Sayed Said, &#8220;L&#8217;islam et les droits de l&#8217;homme&#8221;, in Riwaq Arabi, n&deg;1, janv.1996, CIHRS, Le Caire, (en arabe).<\/li>\n<li>\u0631\u0633\u0627\u0626\u0644 \u0627\u0628\u0646 \u0627\u0644\u0639\u0631\u0628\u064a\u060c \u0635 169 \u0648\u0627\u0644\u0646\u0635 : &#8220;\u0627\u0639\u0644\u0645 \u0623\u0646 \u0627\u0644\u062d\u0643\u064a\u0645 \u0627\u0644\u0643\u0627\u0645\u0644 \u0627\u0644\u0645\u062d\u0642\u0642 \u0647\u0648 \u0627\u0644\u0630\u064a \u064a\u0639\u0627\u0645\u0644 \u0643\u0644 \u062d\u0627\u0644 \u0648\u0648\u0642\u062a \u0628\u0645\u0627 \u064a\u0644\u064a\u0642 \u0628\u0647 \u0648\u0644\u0627 \u064a\u062e\u0644\u0637&#8221;<\/li>\n<\/ol>\n<p>Contribution &agrave; la Tente du dialogue<br \/><strong>Fondation Cordoue<\/strong><br \/>Gen&egrave;ve, 29 juin 2004<br \/>{\/slider}<em><br \/><\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&#8211; L&#8217;Islam et la d&eacute;mocratie, A. 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